Revenir à la rubrique : Economie

Saint-André : feu vert pour le projet commercial de la Cocoteraie

Ecrit par P.M. – le mardi 21 octobre 2025 à 16H52
Le projet porte sur la création de 10 moyennes surfaces (8 060 m²), de 8 boutiques (910 m²) et de plusieurs kiosques pour environ 100 m², ainsi qu’un parking de 354 places (illustration Mercialys).

Porté par la société Mercialys, un projet de pôle commercial a obtenu ce mardi un avis favorable de la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC).  Situé dans la zone Cocoteraie–Andropolis à Saint-André, le futur ensemble de 9 000 m² doit permettre de créer plus de 200 emplois directs et indirects selon le porteur de projet.

Le projet prévoit la création d’un ensemble commercial de 9 070 m² sur un terrain de 32 736 m², à proximité immédiate de la RN2.
Il comprendra 10 moyennes surfaces (8 060 m²), 8 boutiques (910 m²) et plusieurs kiosques pour environ 100 m², ainsi qu’un parking de 354 places, dont une partie en sous-sol.

L’aménagement serait du même type que l’extension récemment visible du centre commercial de Duparc.
Le site, l’un des derniers terrains disponibles dans la zone de la Cocoteraie, est déjà inscrit au plan local d’urbanisme et se situe au cœur du principal pôle économique de la commune.

Une offre "complémentaire"

Dans son rapport soumis ce matin à la CDAC, l’opération est présentée comme « complémentaire du centre-ville », visant à « conforter les flux existants et à créer un pôle d’animation urbaine locale », notamment par la création d’une nouvelle voie de circulation.
Pour le porteur du projet, « le centre-ville ne présente pas de friches disponibles pour accueillir le projet » et « les enseignes prévues ne trouveraient pas leur place dans les espaces existants ».

Selon Mercialys, l’ensemble doit compléter l’offre existante par des « enseignes non représentées localement » et favoriser la diversification dans des domaines tels que les loisirs, le sport, la restauration ou les services à la personne.
L’étude économique associée indique que « cette diversité permettra de retenir une part de consommation locale aujourd’hui captée par d’autres communes ».

Le projet prévoit la création d’un ensemble commercial de 9 070 m² sur un terrain de 32 736 m² dans la zone de la Cocoteraie (Photo google Map).

Plus de 200 emplois directs et indirects

Mercialys précise que les bâtiments seront équipés de panneaux photovoltaïques couvrant plus de 6 000 m² de toitures, produisant environ 2 000 MWh/an.
L’éclairage sera en technologie LED, et les eaux pluviales seront gérées par infiltration.
Un corridor végétalisé central sera conservé et enrichi d’espèces endémiques.

Le pétitionnaire estime que 90 équivalents temps plein pour les commerces et services, ainsi qu’environ 30 postes supplémentaires pour la maintenance, la sécurité et les services annexes, seront créés.
À cela s’ajouteraient 60 à 80 emplois indirects durant la phase de travaux. La ville chiffre, elle, à près de 300 le nombre d'emplois qui seront créés.
Le projet est présenté comme un « facteur de création d’emploi durable à l’échelle communale ».

Des aménagements routiers jugés nécessaires

Une étude de trafic réalisée par le cabinet Transmobilités confirme que la zone connaît déjà des saturations importantes aux heures de pointe, notamment sur le chemin Lefaguyès.
Le projet intègre la création « d’une voie nouvelle et d’une reconfiguration des accès afin de réduire ces congestions », précise le rapport.

Les commerçants favorables, mais vigilants

L’association des commerçants de Saint-André ne s’oppose pas au projet.
Ses représentants estiment qu’une nouvelle offre peut attirer une clientèle aujourd’hui tournée vers Saint-Denis ou Saint-Benoît, et renforcer l’attractivité de la commune.
En revanche, ils demandent qu’un plan d’action sur la circulation accompagne la réalisation du projet : amélioration des accès à la RN2, réorganisation des flux vers le centre-ville et sécurisation des carrefours.

Dans un communiqué, l’APMESA (Association des Petites et Moyennes Entreprises de Saint-André) se dit favorable sur le fond, mais moins sur la forme.
« L’APMESA salue le sérieux de Mercialys sur le bâti et l’intérêt d’un pôle d’environ 9 000 m² qui complétera l’offre commerciale de Saint-André. Mais on ne bâtit pas une maison sur une route impraticable : les accès actuels sont saturés. Sans désengorgement préalable et sans un dimensionnement rigoureux du stationnement, le site sera difficile d’accès, les consommateurs éviteront la zone et le centre-ville sera mécaniquement pénalisé. »

L’association appelle à la création de voies nouvelles et à la reconfiguration des axes existants avant l’ouverture, « pour sécuriser la fluidité du projet et du centre-ville ».

L’ORTPE vent debout contre « un modèle dépassé »

L’Organisation réunionnaise des très petites entreprises (ORTPE), présidée par Younous Adame, a pour sa part appelé la CDAC à rejeter la demande d’autorisation.

Lire aussi : L’ORTPE vent debout contre le projet de retail park à Saint-André

Dans un communiqué diffusé ce lundi, elle estime que ce type de projet « détourne les flux de consommation des centres-villes » et « met en danger les TPE ».
L’ORTPE dénonce une vision « économiquement incohérente et écologiquement irresponsable » et plaide pour « un schéma régional du commerce durable et équitable » recentré sur le commerce de proximité.

La mairie soutient le projet

Interrogée, la mairie, par la voix de son premier adjoint Jean-Marc Péquin, affiche son soutien :
« Le projet d’Icade en centre-ville affiche déjà complet, tous les locaux disponibles ont trouvé preneur. Ce projet est complémentaire de l’offre de commerce en centre-ville, c’est un beau projet qui ne rentre pas en concurrence. »

Lire aussi : “Îlot Grande place”, un projet XXL au cœur de Saint-André

La ville assure que la question des accès et du trafic autour du futur centre commercial, comme le demande l’association des commerçants, a bien été intégrée dans la conception du projet.

Un vote favorable, mais pas unanime

Réunie ce mardi, la CDAC a rendu un avis favorable non unanime au projet Cyperus.
Selon nos informations, le Département a émis un avis défavorable au titre de la protection du périmètre irrigué.
« Virapoullé est contre les emplois », tacle la mairie.

Le représentant des intercommunalités a lui aussi voté contre, tandis que la Cirest et l’ordre des architectes se sont abstenus.
Les cinq autres membres, dont la mairie, ont voté pour.

Mercialys, acteur majeur de l’immobilier commercial

Mercialys développe et gère un portefeuille d’actifs commerciaux modulaires et évolutifs, parmi lesquels les centres commerciaux de Duparc, de Saint-Benoît ou encore du Cap Sacré-Cœur au Port.

Etiquettes : Commerçants | Saint-André

Dans la même rubrique

0💬
Tri :