L’ORTPE vent debout contre le projet de retail park à Saint-André

L’ORTPE appelle la Commission départementale d’aménagement commercial, qui doit se prononcer ce mardi, à rejeter le projet Mercialys. L’organisation redoute un impact destructeur pour les commerces de proximité et l’emploi local.
À la veille de la réunion décisive de la CDAC, l’Organisation réunionnaise des très petites entreprises (ORTPE) hausse le ton contre le projet de retail park porté par Mercialys à Saint-André. Ce complexe commercial de plus de 15 000 m², censé accueillir de nouvelles enseignes en périphérie, représente selon elle « une menace directe pour les commerces de proximité, les artisans et les forains » de l’Est, mais aussi pour l’ensemble du tissu économique local.
« La Réunion est déjà championne de France du nombre de centres commerciaux »
« Créer encore des zones commerciales en périphérie, c’est déplacer la richesse, pas la créer », alerte l’organisation syndicale, qui rappelle que les TPE constituent « les premiers employeurs de proximité » sur l’île, maintenant « le lien économique et social » dans les territoires. Dans un contexte marqué par le ralentissement de la consommation et l’explosion des charges, l’ORTPE estime qu’un nouveau centre commercial serait « économiquement incohérent, socialement destructeur et écologiquement irresponsable ».
Elle dénonce notamment le détournement des flux de consommation vers la périphérie, l’affaiblissement des commerces indépendants et l’accentuation de la dépendance aux grandes enseignes. L’argument de la création d’emplois est également rejeté : « La Réunion est déjà championne de France du nombre de centres commerciaux, et pourtant la courbe du chômage ne baisse pas », souligne l’organisation.
Loin d’être opposée au développement, l’ORTPE plaide pour un « modèle équilibré et local » fondé sur la revitalisation des centres-villes, la protection des petites entreprises et la cohésion sociale. Elle appelle ainsi la CDAC à voter contre le projet Mercialys et demande aux pouvoirs publics d’émettre un avis défavorable, au nom « de l’équité et de la solidarité économique ».


