Revenir à la rubrique : International

Réseau financier clandestin russe A7 : les Seychelles somment les États-Unis de fournir leurs preuves

Ecrit par Zinfos974 – le mercredi 14 octobre 2026 à 18H04
© Pexels / Matteo Parisi

Les autorités seychelloises ont ouvert des investigations après une alerte américaine évoquant de possibles liens entre des sociétés enregistrées dans l’archipel et le réseau A7, accusé d’avoir facilité des milliards de dollars de transactions liées au contournement des sanctions internationales.

Le gouvernement des Seychelles demande aux États-Unis de lui transmettre des éléments de preuve afin d’identifier d’éventuelles entreprises locales liées au réseau financier A7, nous apprend Seychelles News Agency. Lors d’une conférence de presse samedi 10 octobre, le ministre seychellois des Finances, Pierre Laporte, a assuré que les autorités prenaient ces allégations au sérieux, sans avoir établi, à ce stade, l’existence de tels liens. 

Une alerte américaine à l’origine des investigations

Les investigations font suite à une alerte publiée le 1er octobre par le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN), une agence du département américain du Trésor. Celle-ci cite les Seychelles parmi plusieurs juridictions où des sociétés associées à A7 pourraient opérer, aux côtés notamment de Hong Kong, de la Turquie et des Émirats arabes unis.

Selon le rapport publié par le FinCEN, le réseau A7 est une vaste infrastructure financière clandestine mise en place pour contourner les sanctions internationales imposées à la Russie à la suite de la guerre en Ukraine.

Le FinCEN estime que des centaines d'intermédiaires ont détenu des comptes auprès d’environ 435 institutions financières dans au moins 83 pays. Ils auraient traité plus de 17 milliards de dollars de transactions en dollars américains entre janvier 2025 et juin 2026.

Aux Seychelles, la Financial Services Authority (FSA), la Financial Intelligence Unit (FIU) et d’autres organismes compétents ont été sollicités par le gouvernement américain pour examiner les soupçons.

Pierre Laporte a prévenu que des mesures seraient prises conformément à la loi si l’implication d’une entreprise était établie. Il a toutefois rappelé qu’une alerte internationale ne constituait pas, à elle seule, une preuve d’irrégularité.

La crédibilité du secteur financier en jeu

L’affaire intervient alors que l’archipel cherche à consolider la crédibilité de son secteur financier offshore et prépare une nouvelle évaluation internationale de son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Selon le secrétaire d’État aux Finances, Patrick Payet, le pays estime respecter pleinement ou en grande partie 38 des 40 recommandations du Groupe d’action financière (GAFI).

Washington a également proposé des restrictions sur certaines transactions impliquant les intermédiaires identifiés du réseau A7. Au moment de la conférence de presse, ces mesures n’étaient pas encore entrées en vigueur.

Aucune société enregistrée aux Seychelles n’a publiquement été identifiée par le gouvernement comme étant liée à A7. Les investigations se poursuivent, tandis que les autorités entendent coopérer avec leurs partenaires internationaux pour préserver la confiance dans le système financier seychellois.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :