Rentrée de la cour d'appel : Une année de rattrapage et d'accélération prévue

La cour d’appel de La Réunion a fait sa rentrée ce vendredi. Une audience solennelle s’est tenue dans la salle des Assises à Saint-Denis afin que le premier président, Alain Châteauneuf, et le procureur général, Denis Chausserie-Laprée, présentent leurs vœux pour cette nouvelle année.
Présents à l’audience : l’ensemble des magistrats et procureurs, gendarmes, pompiers, avocats, médecins légistes, assistantes sociales, représentants d’associations, la maire de Saint-Denis, le président du Département, le Préfet, la directrice du SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation), entre autres.
Les affaires de 2019 – 2020 à rattraper
Le procureur général a qualifié l’année 2020 d’"éprouvante" durant laquelle "nos valeurs ont été bousculées et notre fonctionnement perturbé", entraînant "une remise en cause de nos procédures". L’objectif cette année est donc de rattraper le retard engendré fin 2019 et en 2020 par la grève des avocats puis la crise sanitaire mais également pour permettre des délais "plus respectueux de la souffrance et des droits des victimes et accusés". 150 jours d’audience sont par exemple prévus devant la cour criminelle et la cour d’Assises, contre 100 jours en 2019.
Quelques améliorations
Le procureur général rappelle également le niveau "préoccupant" des violences à La Réunion mais aussi la vulnérabilité de Mayotte qui mérite la solidarité et non la défiance. Ce département "qui a besoin de La Réunion comme La Réunion a besoin de la métropole". "Isolement, incompréhension réciproque, confrontation communautaire ou sociale, poursuit-il, ce sont les publics les plus fragiles qui payent le plus lourd tribut d’une crise".
Pour La Réunion, une mission de protection des personnes vulnérables (âgées, handicapées et les enfants) qui a été lancée en septembre dernier sera maintenue cette année. Des enquêtes pénales plus dynamiques et précises ainsi qu’un effort de communication sont prévus. Concernant les mineurs, le projet de réforme du code de justice pénale des mineurs adopté par le Senat a notamment pour objectif d’accélérer les jugements. Une rapidité et visibilité sont aussi visées au sein d’une justice davantage "de proximité" pour laquelle des juristes assistants supplémentaires sont prévus.
L’audience a aussi été l’occasion de souhaiter la bienvenue aux derniers arrivés, dont Patrick Chevrier, ancien président à Cayenne et désormais président de la chambre civile de la cour à La Réunion.
Une nouvelle année judiciaire ouverte dans l’espoir qu’elle soit meilleure et puisse rattraper la dernière.


