Remaniement : Tout ça pour ça…

Ça faisait plus de deux semaines que tout le monde attendait ce fameux remaniement. Enfin, au début tout au moins où le sujet a occupé la Une des chaines d’information. Puis, au fur et à mesure que les jours passaient, on en parlait de moins en moins. Jusqu’à s’en fiche complètement…
L’annonce du remaniement est donc tombée hier matin, un peu comme un cheveu sur la soupe, à un moment où on ne l’attendait plus.
D’autant que cette annonce n’a rien de spectaculaire.
D’abord, elle n’a fait que l’objet d’un banal communiqué, en lieu et place du secrétaire général de l’Elysée égrenant les noms sur les perrons du palais présidentiel…
Ensuite, aucune annonce qu’on ne sache déjà, tant la nomination de Christophe Castener à l’Intérieur avait été éventée depuis plusieurs jours, depuis qu’avait fuité l’information selon laquelle le patron du parti En Marche avait fait un chantage auprès d’Emmanuel Macron : « Ou bien tu me nommes à l’Intérieur, ou bien je démissionne du gouvernement ». Ce qui aurait été une véritable catastrophe. Et ce qui prouve au passage que le chantage auprès du président de la République, ça peut marcher.
Et comme Christophe Castener n’est pas à franchement parler un spécialiste de la police et de la gendarmerie, on lui adjoint comme secrétaire d’Etat Laurent Nuñez, l’actuel patron de la DGSI.
Sinon les grands équilibres sont préservés : le nouveau gouvernement est presque paritaire. Il compte 17 femmes et 18 hommes et il ne penche ni plus à droite ni plus à gauche qu’avant. A l’entrée de l’ex-membre du parti Les Républicains Franck Riester, qui remplace Françoise Nyssen à la culture, répond celle de l’ancien socialiste Didier Guillaume, à la place de Stéphane Travert à l’agriculture.
On notera encore que seul le MoDem se voit renforcé, avec l’arrivée d’un troisième de ses membres, Marc Fesneau, à la place de Christophe Castaner aux relations avec le Parlement et la promotion de Jacqueline Gourault à la tête d’un grand ministère de la cohésion des territoires et aux relations avec les collectivités. Alors que l’on sait que les relations sont plus que tendues entre les élus locaux et Emmanuel Macron, elle va avoir la lourde tâche d’essayer de renouer les liens. Pour ce faire, elle pourra compter sur le renfort de deux ministres à ses côtés, Sébastien Lecornu aux collectivités locales et Julien Denormandie à la ville et au logement.
La République en Marche voit la promotion de Gabriel Attal, l’un de ses députés les plus médiatiques, qui sera chargé de mettre en place le service national universel auprès de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation. A l’occasion, il bat le record du plus jeune membre du gouvernement de l’histoire de la Ve République…
Trois femmes, jusqu’ici inconnues du grand public, font également leur entrée au sein du gouvernement. La députée La République En Marche Christelle Dubos rejoint Agnès Buzyn comme secrétaire d’Etat afin de l’épauler sur les questions de solidarité.
Agnès Pannier-Runacher remplace Delphine Gény-Stephann à Bercy, une ministre qui n’avait pas su s’imposer, et Emmanuelle Wargon prend la place de Sébastien Lecornu au ministère de la transition écologique
Emmanuel Macron, pour une fois, n’a pas été maître du temps. Il s’est fait imposer ce remaniement qui n’aurait normalement dû avoir lieu qu’au lendemain des Européennes. Reste à savoir si ce sera suffisant pour le faire remonter dans les sondages…


