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La commercialisation de la chair à requin de retour au tribunal

L'association Elio Canestri a déposé une requête en annulation de l'arrêté préfectoral interdisant la commercialisation de la chair de requin à La Réunion. Examinée devant le tribunal administratif, le rapporteur public a conclu au rejet de la demande.
Ecrit par Julien Delarue – le mercredi 9 octobre 2024 à 11H57

La crise requin refait surface au tribunal administratif de Saint-Denis, cette fois sous l'angle de la commercialisation de la chair de requin. L'association Elio Canestri, créée par le père du jeune Elio, décédé à l'âge de 13 ans dans une attaque de requin, demandait l'annulation de l'arrêté préfectoral interdisant la vente des requins bouledogue et tigre, responsables de plusieurs attaques meurtrières sur les spots de surf de l'île.

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En face, la préfecture s'est opposée, soutenue par plusieurs associations de protection des océans, dont Sea Shepherd et Vagues (Vivre activement pour garder un environnement sain), représentées localement par Didier Dérand. Du reste, ce dernier était le seul présent lors de cette audience au tribunal administratif.

Risque ciguatera et absence d'intérêt à agir

Le rapporteur public a expliqué en détail pourquoi la requête devait être rejetée, s’appuyant notamment sur diverses études relatives au risque de ciguatera, une toxine présente dans la chair des requins. L'interdiction de commercialisation de ces espèces, en vigueur depuis 1985 et réaffirmée en 1999, reste justifiée, d'autant que le requin bouledogue et le requin tigre figurent sur la liste des espèces menacées et vulnérables. « Le risque de ciguatera demeure, le risque sanitaire n'est pas à exclure et le principe de précaution s'impose », a rappelé le rapporteur dans ses conclusions.

Au-delà de ces arguments sanitaires, la question de la recevabilité de la requête a également été longuement discutée. Le tribunal estime que l'association Elio Canestri n'a pas d'intérêt à agir dans ce dossier, car ses statuts associatifs n'établissent pas de lien direct avec la commercialisation de la chair de requin. Le rapporteur public a souligné qu’un changement statutaire opéré en 2021 n’a jamais été transmis au tribunal, rendant la requête irrecevable.

En conclusion, le rapporteur a recommandé le rejet de la requête au motif que l'association n’a pas « intérêt à agir » dans cette affaire.

À la sortie de l’audience, Didier Dérand a indiqué qu’il attendait désormais le délibéré du tribunal, attendu d'ici à un mois. En parallèle, il a rappelé que six autres procédures liées à la question des requins sont encore en cours, notamment une demande de suspension de l'autorisation préfectorale de pêche préventive à La Réunion.

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Etiquettes : Requin | Tribunal

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