Règlement de comptes de La Possession : le tireur et son complice au jerrican écroués

Hier, les deux principaux auteurs du règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants, qui s’était soldé par des coups de fusil à La Possession le 2 décembre dernier, ont été placés en détention provisoire jusqu’à leur procès en comparution immédiate en mars 2026. Récit.
Le règlement de comptes de La Possession, qui aurait pu coûter la vie à un jeune homme de 19 ans il y a huit jours, prend racine dans le courant du mois de juin 2025. La scène se déroule à la station-service Total de la ZAC 2000 du Port. Une dispute sévère éclate entre deux employés lors d’une réunion. Florian L. s’en prend de manière virulente à un collègue de travail. Il menace ses parents et sa copine en disant qu’il allait tirer sur leur maison.
Celui à qui s’adresse les propos n’est pas du style à se laisser faire. Mais cette fois, il fait le choix de protéger les siens avant tout. Prenant très au sérieux l’annonce de représailles de la part de Florian L., il pousse la porte du commissariat du Port. Une plainte pour menaces de mort est déposée.
Plainte, perquisition, cocaïne, liquide et case prison
Les policiers ne restent pas les bras croisés. Ils interpellent Florian L. et en profitent pour mener une perquisition au domicile du Portois. Celle-ci est positive puisqu’ils découvrent de la cocaïne et un beau paquet de billets au passage. C’est ainsi que Florian L. se retrouve en prison pour quelques mois. Fin du premier acte.
A la rentrée de septembre, Florian L. retrouve la liberté et il se tient à carreau. Peut-être en raison du bracelet électronique qui limite ses faits et gestes. Mais cela ne va pas durer. Le mardi 2 décembre dernier, celui qui a déposé plainte pour les menaces de mort se rend à la station de la ZAC 2000 pour donner un coup de main. Il a été appelé par le patron pour décharger un camion.
Altercation, coup de poing et coup de sang
Seulement, Florian L. s’y trouve lui aussi. Débarrassé de son bracelet électronique, il a repris du service. La confrontation est quasi inévitable et elle tourne court. Florian L. n’a manifestement pas digéré son petit séjour derrière les barreaux sur fond de trafic de cocaïne qu’il met au crédit de son rival. Chargés de testostérone, les deux hommes se font face. Florian L. aurait lancé sur un ton menaçant teinté de provocation : « Je vais faire ce que j’ai à faire… »
Des paroles accompagnées d’un grand geste que l’autre interprète sur l’instant comme la menace d’un échange de coups. Il ne fait ni une ni deux. Il décroche un coup de poing au visage de Florian L. qui se retrouve avec la lèvre éclatée. Pour répondre à ce coup de sang, il semble que Florian L. soit parti avec la ferme intention de déposer plainte auprès de la police.
La vengeance d’un clan
L’affaire aurait en rester là si Florian L. et ses cousins n’avaient pas décidé de se venger. Ils vont passer une partie de l’après-midi à tenter de trouver le domicile du rival à qui ils comptent donner une leçon. Facebook, Snapchat… les messages fusent sur les réseaux sociaux pour loger le rival en vue de lui tirer dessus.
En fin de journée, Florian L. et les siens se sont donnés beaucoup de mal pour rien. Enfin, pas tout à fait. Ils ont finalement découvert l’adresse des parents du rival. A La Ravine à Malheur. La vengeance est en marche. Ils sont cinq à prendre une part active à l’expédition punitive. Les cinq qui ont finalement été déférés hier devant le parquet de Saint-Denis après avoir été interpellés au nombre de neuf à compter de samedi dernier.
Un fusil de calibre 12 et un jerrican d’essence
Il fait nuit noire quand le noyau dur du clan, emmené par Florian L., arrivent au domicile de la Ravine à Malheur. Sur les cinq personnes présentes, deux prennent les choses en main. L’un est armé d’un fusil de chasse de calibre 12 et l’autre d’un jerrican d’essence. Leur plan aurait consisté à mettre le feu au véhicule familial de leur ennemi. Le fusil ? Ils auraient expliqué l’avoir emporté pour se défendre au cas où. Et non pour tuer qui que ce soit…
Comme le hasard fait parfois mal les choses, le plus jeune frère de leur rival est sorti de chez ses parents pour aller dans la voiture du père, une Audi 80 noire. Il se trouve derrière le volant depuis quelques minutes quand les chiens se mettent à aboyer. Alerté, le jeune homme aperçoit deux silhouettes qui se découpent dans la nuit. Dans un geste réflexe de protection, il plonge pour se coucher sur le siège passager.
Le conducteur plonge sur le siège passager, les coups de feu transpercent le pare-brise
Deux coups de feu claquent. Les plombs éclaboussent la vieille Audi côté conducteur. L’une des gerbes, plus compacte, transperce le parebrise comme si le tireur avait cherché à atteindre celui qui était derrière le volant. Dans la famille, tout le monde est persuadé que le plus jeune de la fratrie est passé près de la mort cette nuit-là.
Hier, deux des participants à l’expédition punitive ont été condamnés à une peine de prison mixte en mode plaider coupable. Leur rôle se serait limité à faire des recherches, à récupérer le jerrican de carburant et à participer au transport de l’arme. Un autre a été placé sous contrôle judiciaire en attendant son procès en comparution immédiate le 23 mars 2026. Quant au tireur et au porteur du jerrican, ils ont été placés sous mandat de dépôt. A priori jusqu’à leur procès prévu l’an prochain à la même date.


