Réformes des rythmes scolaires: L'intersyndicale appelle à la grève

"Premier bilan trois mois après la rentrée: la mise en oeuvre dans 20% des communes de la réforme des rythmes scolaires ne marche pas. C'est une véritable catastrophe", lâche le secrétaire départemental de la CGTR Educ'action, Patrick Corré.
Très remontée, l'intersyndicale, composée de sept syndicats, demande l'abrogation pure et simple du décret d'application de la réforme des rythmes scolaires, problématique aux yeux des membres de l'intersyndicale.
Une réforme très peu appliquée pour le moment à la Réunion puisque quatre communes ont joué le jeu cette année pour la rentrée : Saint-Benoît, la Possession, Saint-Joseph et la Plaine des Palmistes. L'intersyndicale souligne que la "fronde" s'amplifie auprès des élus locaux sur l'application de la réforme. "Face au constat, la colère continue et s'amplifie. On en veut pour preuve la fronde des élus locaux. Des communes avaient prévu de passer à la réforme cette année et ont décidé de la suspendre. Certaines communes ont même décidé de ne pas l'appliquer en 2014 (au niveau national pour le moment ndlr)", poursuit Patrick Corré.
Au-delà de la fronde politique, ce sont les enfants qui seraient les principales victimes de la réforme Peillon. "Chaque jour qui passe apporte son lot de rejets de la réforme. C'est le désordre qui a été organisé avec sa mise en oeuvre et se traduit dans les faits par des enfants fatigués, désorientés, des problèmes de sécurité ou encore la qualité pédagogique abaissée", explique-il.
Une journée sans élèves le 13 novembre avant la grève du 14 novembre
"Il est important d'insister sur la désorganisation complète. Les élèves ne savent plus si c'est une école ou un centre de loisir. Or on est censé les cadrer et leur donner des points de repères", souligne Katell Louarn, déléguée syndicale SNUDI FO. Pourtant, à en croire le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, en déplacement hier dans une commune ayant appliqué la réforme des rythmes scolaires, le problème viendrait d'un "manque de volonté dans son application". Une affirmation balayée du revers de la main par l'intersyndicale : " Il est à la rue et sourd. Il est en dehors des réalités".
Résultat, face à la fronde des parents d'élèves, syndicats et personnels de l'Education nationale, une journée sans élève dans les écoles est prévue pour le 13 novembre prochain au niveau national. Une journée organisée par les parents d'élèves. "On soutient cette journée et on va faire le relai au niveau local avec les syndicats et les parents d'élèves", prévient Patrick Corré.
Une journée de chauffe avant la mobilisation nationale le 14 novembre prochain, localement prévue à 10 heures devant les grilles de la préfecture à Saint-Denis. "On demande la suspension de la réforme là où elle s'applique et le non passage en 2014", avance Patrick Corré.
"Les politiques doivent arrêter de s'obstiner et écouter les électeurs", conclut Anthony Payet, du syndicat SNE-FGAF


