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Réforme fiscale sur les retraites : la commission des finances désavoue le gouvernement

Ecrit par N.P. – le mardi 21 octobre 2025 à 17H46

Un front commun des oppositions a fait tomber la mesure phare de Bercy sur la fiscalité des retraités. La commission des finances a choisi de maintenir l’abattement actuel de 10 %, au grand dam du gouvernement.

La commission des finances de l’Assemblée nationale a infligé, ce mardi 21 octobre 2025, un revers au gouvernement en supprimant l’article 6 du projet de loi de finances pour 2026. Cet article prévoyait de remplacer l’abattement fiscal actuel de 10 % sur les pensions de retraite par un abattement forfaitaire de 2 000 euros par retraité.

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Cinq amendements identiques de suppression ont été adoptés, portés par des députés issus de différents groupes : Corentin Le Fur et Laurent Wauquiez (LR), Alexandre Duffosset (RN), Éric Ciotti (UDR) et Mathilde Feld (LFI).

Leur union a permis de rassembler un large front des oppositions : LR, RN, LFI, UDR et PS ont voté ensemble pour supprimer la mesure. Les écologistes, eux, se sont abstenus, promettant de proposer une nouvelle version plus favorable aux retraités modestes lors du débat en séance publique.

Pour le député LR Corentin Le Fur, cette réforme constituait “un acharnement contre les retraités”, rappelant que “les retraités vont déjà subir le gel des retraites au titre de l’année blanche”.

De son côté, Claire Lejeune (LFI) a dénoncé “l’indignité d’un budget qui fait la poche des retraités”, tandis que Philippe Brun (PS) a invoqué le principe d’égalité devant l’impôt : “Les salariés bénéficient eux aussi d’un abattement sur leurs revenus imposables.”

Les Républicains ont souligné que la mesure gouvernementale aurait “plus de perdants que de gagnants” et risquait d’impacter “les retraités modestes via les aides au logement”.

Le gouvernement isolé

Seul Guillaume Kasbarian (EPR) a défendu la proposition de l’exécutif. L’ancien ministre a rappelé que “les retraités bénéficient déjà d’avantages fiscaux conséquents” et dénoncé une classe politique “qui, par pur électoralisme, refuse de toucher au moindre sujet les concernant”.

Philippe Juvin (LR), rapporteur général du budget, a adopté une position plus mesurée, suggérant de conserver l’abattement de 10 % tout en abaissant son plafond de 4 399 euros à 3 000 euros, soit un gain budgétaire estimé à 900 millions d’euros. Charles de Courson (Liot) a, lui, proposé une “conjugalisation” du plafond : 4 400 euros pour les couples, 2 200 euros pour les célibataires.

L’article supprimé devait rapporter entre 1,5 et 2 milliards d’euros à l’État, mais aurait touché près de 1,4 million de ménages, selon l’Institut des politiques publiques. Seuls les retraités les plus modestes auraient vu un léger gain.

Cette suppression marque un revers important pour le gouvernement, déjà fragilisé par le contexte budgétaire et social. Le débat se poursuivra à partir du vendredi 25 octobre dans l’hémicycle. Plusieurs scénarios sont possibles : confirmation du vote de la commission, adoption d’une version alternative, ou rétablissement de la mesure par le gouvernement via un amendement… voire un 49.3.

Pour l’heure, les retraités conservent donc leur abattement fiscal de 10 %, au moins provisoirement.

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