Réduire sa consommation d’alcool : le Dry January, un défi santé pour tous

Entre modération sur le papier et conséquences sanitaires lourdes, La Réunion illustre le paradoxe du rapport à l’alcool. Le Dry January offre un mois pour faire le point sur sa consommation et adopter des habitudes plus saines.
Chaque année, le mois de janvier rime avec résolutions. Parmi elles, le Dry January, ou Défi de janvier en version française, invite à ne pas boire un seul verre d’alcool pendant tout le mois. Cette période de sobriété, importée du Royaume-Uni et portée par un collectif d’associations en France, permet de prendre du recul sur sa consommation et de profiter de nombreux effets positifs sur la santé.
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En effet, le Dry January offre de nombreux bienfaits pour le corps et l’esprit. Même un mois de sobriété peut améliorer le sommeil, redonner de l’éclat à la peau, réduire la fatigue et les maux de tête, tout en aidant à mieux réguler la consommation d’alcool. Sur le long terme, cette pause permet de renforcer le foie et le système immunitaire, de diminuer les risques de maladies liées à l’alcool et de clarifier l’esprit. Elle favorise également une meilleure conscience de ses habitudes et peut inspirer des changements durables pour adopter une consommation plus modérée et plus saine.
50% des Français envisagent d'y participer
Malgré une consommation globale en baisse, les Français restent parmi les plus gros consommateurs d’alcool dans le monde. En 2024, 22,2 % des adultes déclarent une consommation supérieure aux repères de consommation à moindre risque sur la semaine précédente (30,3 % des hommes et 14,6 % des femmes), selon le baromètre de Santé publique France, publié le 11 décembre.
L’engouement pour le Dry January est réel : selon une enquête Toluna Harris Interactive, parmi les 82 % de Français qui consomment de l’alcool, 50 % envisagent de participer au défi en 2026. Concrètement, 31 % prévoient de s’abstenir totalement et 19 % de réduire significativement leur consommation, tout en conservant la possibilité de boire occasionnellement.
La Réunion : moins de consommateurs mais des impacts sanitaires plus lourds
À La Réunion, le tableau semble plus favorable sur le papier. En 2024, 37 % des Réunionnais âgés de 18 à 79 ans déclarent avoir consommé de l’alcool au cours de la semaine précédente. Parmi eux, 13,4 % dépassent les repères de consommation à moindre risque – ne pas dépasser dix verres par semaine, deux verres par jour et prévoir des jours sans alcool – dont 20,4 % des hommes et 7,2 % des femmes.
"Cette proportion n’est pas significativement différente des autres régions et s’inscrit dans un contexte général de relative homogénéité géographique", souligne le Baromètre de Santé publique France, qui place La Réunion parmi les niveaux les plus bas.
Alcool : un impact sanitaire toujours lourd malgré une consommation modérée
Si la consommation semble modérée, le désir de réduire sa consommation est fort sur l’île. Selon le baromètre, 32 % des adultes déclarent vouloir diminuer leur consommation (26,6 % parmi ceux ne dépassant pas les repères, 41,3 % parmi ceux les dépassant), une proportion bien supérieure à la moyenne nationale. Les hommes sont plus nombreux à exprimer cette envie (36,1 %) que les femmes (26,2 %), avec un pic chez les 30-44 ans.
Un paradoxe réunionnais : moins de consommateurs, mais plus de conséquences
Derrière ces chiffres encourageants se cache une réalité préoccupante. Santé publique France rappelle qu’"à La Réunion, la morbidité et la mortalité liées à la consommation excessive d’alcool sont supérieures à celles observées en France hexagonale". L’institution évoque un double paradoxe : moins de consommateurs, mais des quantités ingérées plus importantes et, en conséquence, des effets plus graves sur la santé.
Le Dry January apparaît ainsi comme une opportunité pour chacun de réfléchir à sa consommation d’alcool et d’adopter des habitudes plus saines, tout en contribuant à une prise de conscience collective sur les risques associés.
Pour ceux en quête d'aide ou d'informations, Alcool info service est disponible au 0.980.980.930, de 8 heures à 2 heures (heures de l'Hexagone), 7 jours sur 7. L'appel, anonyme et non surtaxé, permet également d'obtenir des réponses via un chat en ligne actif de 14 heures à minuit du lundi au vendredi, et de 14 heures à 20 heures le samedi et le dimanche.
Parce que relever un tel défi est plus facile dans un mouvement collectif, plusieurs outils sont mis en place pour aider les participants :
- la mailinglist de dryjanuary.fr et les réseaux sociaux @DryJanuaryFR fourniront tout au long du mois des conseils, astuces et témoignages,
- l’app gratuite Try Dry permet aux participants de garder le compte des verres non bus et de calculer l’argent et les calories économisées… en janvier et tout au long de l’année,
- le groupe Facebook d’entraide #LeDéfiDeJanvier permet d’être soutenu dans son défi avec bienveillance par des personnes qui ont déjà tenté de relever ce défi ou par des patients,
- des guides pour relever le Dry January – Défi De Janvier entre amis ou au travail sont disponibles sur dryjanuary.fr


