Qui est Hugo Deck, le nouveau roi de la Diagonale des Fous ?

À 26 ans, Hugo Deck a remporté la Diagonale des Fous, ce vendredi 16 octobre, au terme de sa première participation à l’épreuve reine du Grand Raid. Le coureur du team Adidas Terrex a franchi seul la ligne d’arrivée au stade de La Redoute, à Saint-Denis, après 22 h 54 min 20 s d’un effort intense. Déjà double vainqueur de la MaXi-Race, le Français confirme son changement de dimension sur les sentiers réunionnais. Une victoire record, écrasante, qu’il a aussi vécue avec les siens, venus spécialement sur l’île pour l’accompagner et le ravitailler.
Facilement reconnaissable avec son petit débardeur porté une bonne partie de la course, sa gueule d'ange et ses petites boucles dans le vent, il a fini par trouver son chemin jusqu’à La Redoute, peu avant 21 heures, vendredi 16 octobre. Et de quelle manière !
Après une nuit, puis une journée à travers les reliefs et cirques réunionnais, à peine marqué par l'effort, Hugo Deck a débouché seul sur le stade de La Redoute de Saint-Denis. Quelques mètres encore, et le voilà au bout de la Diagonale. Avec un temps "record" de 22 h 54 min 20 s, mieux que les 22 h 58 min 30 s, en 2013 de François d'Haene, sur un parcours en plus allongé de 10 km pour cette édition 2026. À 26 ans, le jeune Français vient de s’offrir l’une des victoires les plus convoitées de l’ultra-trail, sur une course dont il découvrait cette année les sentiers. Fort. Très fort.
"Cela fait trois heures que je ne sens plus la fatigue... Mais c'était formidable", a déclaré le jeune homme de 26 ans, à chaud, dès son passage sur la ligne.
Derrière la performance, il y a une ascension rapide. Hugo Deck s’est d’abord fait un nom sur les longues distances alpines. En 2024, il remporte ensuite l’Ultra-Trail Cape Town, en Afrique du Sud, sur 100 kilomètres. Puis il s’installe parmi les hommes forts du trail français en remportant deux éditions consécutives de la MaXi-Race, autour du lac d’Annecy, en 2025 et 2026. Sur cette dernière, il boucle les 105 kilomètres en 9 h 48 min 14 s, améliorant son temps malgré un parcours modifié.
Le doublé confirme à ce moment-là qu’il ne s’agit plus d’un simple espoir.

Qualités
Le parcours du coureur ne s’est pourtant pas construit uniquement sur les sentiers. Avant de se consacrer au trail, le Strasbourgeois a passé dix ans sur les terrains de basket, à évoluer au niveau régional. Hugo Deck, de sa grande taille et des jambes aussi affutées qu'une liane, découvre la course en montagne en 2016, encouragé par son frère aîné, qui pratique le triathlon. "J'étais un peu à la dérive, ça m'a permis d'arrêter de fumer des joints", a-t-il lâché depuis le podium, entre les élus, mettant peut-être sa lucidité de côté...
Lui-même l'a répété avant le départ à Saint-Pierre. "Dans ce sport d’endurance, je trouve un terrain où se mêlent effort solitaire, gestion de la durée et sens de la stratégie." Des qualités qu’il a progressivement transformées en armes pour les ultras.
Pour aborder la Diagonale des Fous, Hugo Deck n’a pas voulu découvrir La Réunion au dernier moment. Arrivé plusieurs semaines avant le départ, il s’est installé pendant trois semaines en quasi-autonomie dans le cirque de Cilaos.
"L’idée était de s’acclimater à la chaleur, au terrain rugueux et aux longues ascensions, loin des repères de mes courses habituelles", expliquait-il encore à la presse avant le départ, jeudi 15 octobre. J’ai vécu en autarcie pendant trois semaines dans le cirque de Cilaos." Il avait notamment enchaîné deux sorties de sept heures, avec 50 kilomètres et 4.000 mètres de dénivelé positif. Plutôt tranquille comme "footing", en comparaison avec ce qui l'attendait sur la "Diag".
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Sur le terrain, cette préparation a pris tout son sens. Au ravitaillement d’Hell-Bourg, alors qu’il était encore au contact des hommes de tête, Deck a retrouvé ses proches, venus en vacances à La Réunion pour l’accompagner. Sa mère et sa grand-mère étaient là. Tout comme son père et sa compagne. Il leur a donné ses consignes, guidant ce moment délicat où chaque geste compte et où l’on peut perdre de précieuses minutes.
Après un arrêt précédent au Domaine Vidot où il avait peiné à retrouver son assistance, il a semblé cette fois plus serein. Malgré le passage très humide qu’il venait de traverser, il n’a souhaité changer ni de chaussettes ni de chaussures. Puis il est reparti, sans précipitation apparente, avant ses concurrents directs. Le même rythme, la même foulée, léger comme une plume, sans donner vraiment l'impression de piocher.
Toujours avec le sourire, un petit rot en passant et une petite blague aux siens en partant, comme l'ont montré les images de nos confrères de Réunion La 1ère tout au long du parcours.
Montée du Maïdo décisive
Il fallait pourtant se méfier des certitudes. Face à lui, le Britannique Tom Evans, vainqueur de l’UTMB en 2025, le Suisse Jean-Philippe Tschumi et ses trois podiums sur la "Diag", le Français Vincent Esmiol figuraient parmi les principaux prétendants. Le dernier cité a justement pris les devants, comptant jusqu'à 20 minutes d'avance sur ses poursuivants, avant la fringale et de se faire "croquer" par Hugo Deck dans la montée redoutable du Maïdo et ses 1.000 mètres de dénivelé positif.
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Le premier cité a explosé en route, happé par l'altitude et les changements de climats, et en ayant laissé une arcade accessoirement. Pour le Suisse, très apprécié sur l'île, il faudra encore patienter avant de remporter un jour l'épreuve.
Se méfier des adversaires, se méfier aussi du parcours. Le nouveau tracé 2026, long d’environ 180 kilomètres, soit 10 km de plus que les précédentes éditions, pour 10.200 mètres de dénivelé positif, n'a rien laissé à personne.

Hugo Deck ajoute à son jeune palmarès une course mythique, réputée pour sa technicité, ses changements de rythme et ses longues heures d’effort. La MaXi-Race l’avait installé parmi les références françaises de l’ultra ; la Diagonale des Fous lui offre désormais une victoire qui résonne très fort dans l'ultra-trail.
Sympa comme première découverte de La Réunion...


