Revenir à la rubrique : Société

Qualité de l'air à La Réunion : l'Ouest sous la menace de son trafic routier

Ecrit par T.L. – le mercredi 17 septembre 2025 à 08H17
Photo d'illustration

Si le bilan de la qualité de l'air 2024 à La Réunion d'Atmo est présenté comme positif, avec zéro épisode de pollution de l'air enregistré, le nombre limité de stations d'observation et leur répartition inégale sur le territoire tendent à modérer ce bilan, marqué aussi par certains seuils dépassant les recommandations de l'OMS dans l'Ouest de l'île.

Jusqu'ici, tout va bien ? Dans son bilan 2024 de la qualité de l'air à La Réunion, l'association agréée par l'État, Atmo, informe que selon « son indicateur journalier calculé à partir des concentrations dans l'air mesurées sur des sites représentatifs (…) pour quatre polluants réglementés », les agglomérations de Saint-Denis, Saint-Paul et Saint-Pierre sont largement dans le vert, avec des indices de qualité de l'air affichant entre... 99,4% et 100%.

C'est bien simple : sur l'ensemble des stations de mesure de l'île, « aucune n’a dépassé les seuils réglementaires pour la protection de la santé en 2024 ». Mais ces stations d'observation, dont la typologie peut varier selon les polluants recherchés (station industrielle, station urbaine, station rurale...), semblent inégalement réparties sur le territoire.

Lire aussi : Marché automobile réunionnais : vers une année aussi mauvaise que 2009 ?

Le décompte des stations de mesure à La Réunion s'établit ainsi : cinq pour la Cinor (mais aucune à Sainte-Marie où se situe l'aéroport), six pour le Territoire de l'Ouest, quatre pour la Civis, deux pour la Casud et une seule pour la Cirest (installée dans l'école Daniel-Honoré de Saint-Benoît).

Pas de station de mesure à Saint-André

L'installation des stations d'observation dépend essentiellement de la volonté des collectivités locales, et notamment des mairies, qui financent leur fonctionnement. Un principe de bonne volonté qui peut vite montrer ses limites. À titre d'exemple, certains se souviennent d'une station de mesure idéalement basée dans une école de Cambuston (Saint-André), non loin des activités industrielles de Bois-Rouge, et qui a disparu du dispositif Atmo Réunion.

Document Atmo Réunion.

Dans son rapport d'observation 2024, l'association alerte toutefois sur le fait que plusieurs seuils de recommandation de l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) ont été dépassés. Pour les particules fines en suspension (PM10), notamment produites par les moteurs thermiques des voitures, la recommandation en moyenne annuelle est ainsi franchie sur la station trafic de Saint-Paul (Chaussée-Royale) et Saint-Leu (route des Tamarins).

Lire aussi : Pollution, prélèvements, climat : ce que dit le dernier état des lieux de l’eau à La Réunion

Même inquiétude concernant les concentrations de dioxyde d'azote (NO2) dans l'air, avec des dépassements des recommandations de l'OMS, plus strictes que les seuils de la réglementation française, relevés principalement aux abords des routes nationales.

Dioxyde d'azote : des seuils de recommandation de l'OMS franchis

C'est ainsi que dans le Nord de l'île, la recommandation en moyenne annuelle de polluants NO2 dans l'air « est dépassée sur les stations industrielles de la Possession et du Port, proches de la RN2 », tandis que la recommandation « en nombre de moyennes journalières est dépassée sur la station urbaine de Saint-Denis. » Dans le Sud, un constat identique de forte présence de dioxyde d'azote est posé à Saint-Pierre.

Le bilan 2024 de la qualité de l'air à La Réunion propose aussi un « zoom » sur les particules ultrafines (PUF), dont l'observation a été initiée l'an dernier à Saint-Denis. « Invisibles à l’œil nu, elles représentent la majorité des particules en nombre dans l'air ambiant et nécessitent des instruments de mesure spécifiques. Leur concentration est mesurée en nombre plutôt qu’en masse, leur taille extrêmement réduite rendant une mesure massique peu représentative de leur présence réelle dans l’atmosphère », souligne Atmo.

Ces particules ultrafines « peuvent constituer jusqu’à 90 % du total des particules » présentes dans l'air. Leurs mesures dépassent déjà la recommandation en nombre de moyennes journalières sur la station d'observation dédiée au trafic routier à Saint-Paul.

Etiquettes : Environnement

Dans la même rubrique

0💬
Tri :