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Procès des emplois présumés fictifs à la Région : la procureure générale se désiste pour quatre prévenus

Ecrit par Eric Lainé – le lundi 13 avril 2026 à 12H10
Photo : Alexandre Robert

Quatre des onze prévenus de l’affaire des emplois présumés fictifs à la Région sont définitivement lavés de tous soupçons. La procureure générale a finalement fait le choix de se désister de son appel concernant Alfred Ablancourt, Ismaël Aboudou, Yannick Gironcel et Jean-Charles Maroudé. Didier Robert, Jean-Louis Lagourgue, Vincent Bègue et quatre conseillers techniques seront théoriquement jugés devant la cour d’appel ce mercredi 15 avril.

La procureure générale, Fabienne Atzori, aura pris le temps de la réflexion avant d’arrêter la liste définitive des prévenus poursuivis dans l’affaire dite des emplois fictifs présumés à la Région sous la mandature de Didier Robert. Cette liste, qu’elle avait promis de communiquer aux avocats de la défense au plus tard jeudi dernier, est finalement arrivée sur leurs boites mail ce lundi 13 avril.

Ce qui, à l’évidence, est extrêmement court pour permettre aux robes noires de revoir leur stratégie de défense à deux jours du procès, prévu pour se tenir les 15 et 16 avril. Il est encore à noter que cette annonce tardive avait mis dans l’embarras les avocats parisiens du dossier quant à savoir s’ils devaient ou non faire le déplacement à La Réunion. La question pour eux est d’autant plus épineuse que l’épée de Damoclès d’un renvoi sur fond de grève des avocats continue de planer sur ce procès.

Reste 7 prévenus sur les 11 relaxés en première instance

Finalement, des onze prévenus contre qui le parquet de Saint-Denis avait réclamé des peines de prison avec sursis et d’amende lors du procès devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis en 2024, il n’en reste plus que sept dans le collimateur de la justice. La procureure générale s’est désistée de l’appel concernant Alfred Ablancourt, Ismaël Aboudou et Jean-Charles Maroudé, poursuivis pour recel de détournement de fonds publics, mais aussi Yannick Gironcel, soupçonné de la même infraction ainsi que de recel de prise illégale d’intérêts. Des prévenus contre lesquels Véronique Denizot avait requis des peines allant de deux à quatre mois de prison avec sursis et de 4.000 à 15.000 euros d’amende devant le tribunal judiciaire.

Reste donc en lice : l’ex-président Didier Robert, l’ex-vice-président Jean-Louis Lagourgue, l’ex-directeur de cabinet Vincent Bègue et quatre conseillers techniques, Sabrina Ramin, Yves Ferrières, Ravy Vellayoudom et Yoland Velleyen. Il faut encore préciser que tous, sans exception, avaient été relaxés en première instance par le président Stéphane Duchemin et ses assesseurs.

Un premier procès en appel houleux

Concernant le recel de détournements de fonds publics, les magistrats avaient estimé que « l’enquête ouverte suite au signalement du procureur financier près la chambre régionale des comptes n’a pas permis de réunir des éléments susceptibles de démontrer l’existence d’emplois fictifs ». Pour les prises illégales d’intérêts, le verdict avait été tout aussi implacable pour l’accusation. « Les investigations, malgré les liens et la proximité politique entre les prévenus, sont insuffisants pour caractériser la prise ou la conservation d’un intérêt financier ou moral. »

Mais aussi que le président Jacques Rousseau avait jeté l’éponge au terme du procès avorté de novembre dernier après des échanges houleux avec la procureure générale. Une enquête qualifiée de « fantôme », débusquée par les avocats de Vincent Bègue, avait mis le feu aux poudres, contraignant la juridiction à renvoyer le dossier, le temps pour le président de tirer les choses au clair et de trouver une nouvelle magistrate pour prendre en main la patate chaude. A suivre donc…

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