Prison : La Réunion est-elle prête à absorber le chaos de Majicavo ?

Le centre pénitentiaire mahorais, prévu pour accueillir 278 détenus, en héberge actuellement plus de 650, ce qui occasionne une énorme tension au sein de l’établissement. D’autant plus que les conditions de vie y sont particulièrement insupportables, au sens propre du terme, avec une insalubrité qui lui confère sans doute le titre peu envié de prison la plus insalubre de France, depuis la fermeture de celle de la rue Juliette Dodu.
Lien : Transfert de 27 détenus de Majicavo vers La Réunion après une mutinerie
Il serait tout à fait normal que La Réunion affiche sa solidarité avec nos compatriotes mahorais en soulageant l’ile aux Parfums, en accueillant temporairement, j’insiste sur le mot, des détenus de Majicavo dans les prisons de l’ile.
Le problème est que nous sommes nous-mêmes en surpopulation importante. Actuellement, la prison de Domenjod à Saint-Denis accueille 800 détenus pour une capacité de seulement 560 places, ce qui représente un taux de surpopulation d'environ 150%. Et la situation est sensiblement la même dans celle de Saint-Pierre.
Autre inquiétude : il ne faudrait pas que ces détenus, particulièrement violents, ils l’ont montré lors de la mutinerie du 28 septembre dernier à Mayotte au cours de laquelle ils ont pris des surveillants en otage, viennent créer le désordre dans nos prisons. Qui sont déjà de véritables barils de poudre qui ne demandent qu’à s’enflammer.
Mais surtout, il me revient un échange que j’ai eu récemment avec un responsable de la sécurité à La Réunion. Il me disait que l’un des principaux problèmes auxquels ils se trouvent confrontés provient de ces "caïds" mahorais qu’on envoie à La Réunion pour purger leurs peines, pour désengorger Majicavo. Mais qui, une fois celle-ci finie, restent dans l’ile et y montent de véritables gangs ou viennent renforcer ceux existants.
Nous avons déjà suffisamment de problèmes ici pour ne pas venir importer ceux des autres.


