PLF et PLFSS : les socialistes Audrey Bélim et Philippe Naillet saluent "des victoires sociales" pour La Réunion

Le député socialiste Philippe Naillet estime que la suspension de la réforme des retraites constitue “une fenêtre ouverte sur l’abrogation”. Aux côtés de la sénatrice Audrey Bélim, il défend les avancées sociales obtenues dans le cadre du PLF et du PLFSS, dont le maintien de la LODEOM et le dégel des prestations sociales.
Les parlementaires socialistes de La Réunion, Audrey Bélim et Philippe Naillet, ont tenu une conférence de presse ce jeudi 13 novembre pour faire le point sur les débats autour du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Ensemble, ils ont défendu les avancées sociales obtenues à l’Assemblée nationale et appelé à la vigilance face aux prochains débats au Sénat.
Retraites : "La suspension, une fenêtre ouverte sur l’abrogation"
Le député socialiste de la 1ère circonscription de La Réunion, Philippe Naillet, s’est félicité de la suspension de la réforme des retraites, un vote auquel il n'a pas pris part, tout en rappelant que pour la gauche, "la bataille n’est pas terminée". "Je suis partisan de l’abrogation parce que la loi Borne est une loi injuste qui n’a jamais été votée par les députés", a-t-il déclaré.
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Pour l’élu, cette suspension n’est pas un simple geste symbolique : elle concerne plus de 3 millions de Français, notamment les personnes nées en 1964 et 1965, les carrières longues et les fonctionnaires. "Personne ne peut dire que zéro, c’est mieux que 3 millions de Français concernés. La suspension, c’est une fenêtre ouverte sur l’abrogation", a insisté le député.
Conscient du rapport de force actuel à l’Assemblée nationale, Philippe Naillet plaide pour "faire du mieux possible" en attendant une majorité favorable à gauche : "Nous ne sommes pas majoritaires, donc il faut être pragmatique. Je préfère la suspension à rien du tout."
La LODEOM préservée après la mobilisation des élus ultramarins
Le député est également revenu sur son vote en faveur de la motion de censure du gouvernement, qu’il a qualifié de "moyen de pression efficace". Ce geste, partagé avec trois autres parlementaires ultramarins, a selon lui permis d’obtenir le maintien de la LODEOM, initialement menacée d’un "coup de rabot" de 350 millions d’euros.
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"C’est une victoire importante pour nos entreprises et nos emplois ultramarins", a-t-il souligné, en précisant que le Premier ministre s’est engagé à ne pas revenir sur cette suppression ni au Sénat, ni à l’Assemblée nationale.
Philippe Naillet a aussi listé d’autres avancées notables : le non-gel des prestations sociales et des retraites, la non-augmentation de la CSG sur les pensions, le maintien du pouvoir d’achat des apprentis, et un milliard d’euros supplémentaires pour l’hôpital public. Pour financer ces mesures, une augmentation de la CSG sur les revenus du capital a été votée, générant environ 2,5 milliards d’euros de recettes.
Audrey Bélim : "Consolider les avancées au Sénat"
La sénatrice Audrey Bélim a insisté sur la continuité du travail entre les deux chambres du Parlement. "Nous devons compter les victoires, mais aussi veiller à ce qu’elles ne soient pas remises en cause au Sénat", a-t-elle expliqué. Parmi ces avancées : la suppression des deux jours fériés, la réforme de l’assurance chômage évitée, ou encore le dégel des prestations sociales et des pensions.
"Le travail ne se fait pas isolément. Nous avançons en concertation pour que les acquis obtenus à l’Assemblée soient consolidés et approfondis au Sénat", a-t-elle précisé.
La sénatrice PS a également évoqué les sujets à venir : le financement des missions locales et des associations, la taxe sur la promotion de l’alcool, ou encore le coefficient géographique hospitalier pour mieux soutenir les hôpitaux ultramarins, notamment celui de l’océan Indien.
Enfin, Audrey Bélim a alerté sur les incertitudes liées à la suite des débats : "Vu le nombre d’amendements restants, il y a un risque que le budget n’aille pas au bout à l’Assemblée nationale. Le Sénat aura donc une lourde charge pour finaliser le texte et préserver nos avancées."
Les deux élus socialistes ont insisté sur la nécessité de défendre le modèle social français et la cohésion réunionnaise face aux incertitudes économiques et européennes. "Les missions locales, le mouvement associatif, les filières agricoles sont des piliers de notre société. Nous devons les protéger", a conclu Audrey Bélim.


