[Pierrot Dupuy] Pauvres petit zoreils, ils ont chaud

Depuis plusieurs jours, on n’entend parler que de ça ! La canicule va arriver, la canicule arrive, la canicule est là… Y en a que pour la canicule.
Tous les ministres sont de sortie et il n’est plus possible d’ouvrir une radio ou une télévision sans entendre parler, pendant des minutes et des minutes, de la canicule.
Vous vous rendez compte ? Le thermomètre va dépasser 30° ! Et on annonce même, à un ou deux endroits bien particuliers, le franchissement de la barre des 40° !
Du coup, c’est le branle-bas de combat. Le brevet des collèges est reporté, le plan canicule est lancé, les messages tournent en boucle sur les médias, les mairies vont organiser des tournées pour rendre visite aux petits vieux pour s’assurer qu’ils ne sont pas déshydratés…
Soit. Il n’aura jamais fait aussi chaud dans l’hexagone pour un mois de juin.
Soit. Les Zoreils ne sont pas vraiment habitués à de telles températures.
Mais n’en fait-on pas un peu trop ? Et en parallèle, n’en ferait-on pas assez pour nous Réunionnais, au motif que nous sommes habitués ?
J’avais fait un édito sur le sujet le 19 février, en m’étonnant que la préfecture et l’ARS n’aient pas lancé localement un plan canicule alors qu’on venait nous aussi d’enregistrer un record avec une température proche de 40° dans l’ouest.
Réponse de l’ARS ? Je cite ce qu’ils nous avaient répondu et ce que j’avais écrit à l’époque : « Si le plan national canicule n’exclut pas à priori en tant que tel les départements d’outre-mer, ses dispositions techniques concernent explicitement le territoire métropolitain, sa période de mise en application est du 1er juin jusqu’au 31 août, mais aussi et surtout, les indicateurs météorologiques permettent le classement du territoire métropolitain en différents niveaux de risque et impliquent des mesures mises en œuvre par les pouvoirs publics selon ces niveaux de risque.
Ceci s’explique en particulier par le caractère exceptionnel et soudain des épisodes de canicule en métropole, sans rapport avec le niveau général des températures dans la plupart des territoires ultra-marins ».
Donc, si je comprends bien le raisonnement de l’ARS,
Premièrement, les dates fixées pour la métropole vont du 1er juin au 31 août. Pas de chance, nous l’été, c’est de décembre à février. Comme nous sommes en dehors des dates, nous ne sommes pas en été. CQFD. Et donc pas d’été, pas de canicule. C’est simple comme bonjour.
Deuxièmement, car l’ARS est bien consciente que ce raisonnement est un peu simpliste pour ne pas dire simplet, elle rajoute qu’en métropole, ils ne sont pas habitués aux chaleurs. Et puis là-bas, ils ont des pics de chaleur, alors que chez nous, il fait tout le temps chaud… Autrement dit, « ici, vous êtes habitués ».
Sauf que voilà, non, nous ne sommes pas habitués puisque, je le répète, nous aussi nous battons des records de chaleur…
Et bizarrement, ici non plus, les classes ne sont pas climatisées. Et à aucun moment, on n’interrompt les classes et on ne renvoie les élèves chez eux…


