[Pierrot Dupuy] Les raisons pour lesquelles Olivier Faure persiste à suivre Jean-Luc Mélenchon

Tout oppose sur le papier LFI et le PS.
Ils ne sont pas d’accord sur la laïcité
Alors que Jean-Luc Mélenchon, longtemps chantre de la laïcité, a effectué un virage à 180° pour aujourd’hui draguer ouvertement les électeurs des banlieues en n’hésitant pas à pratiquer un communautarisme choquant, les socialistes continuent à défendre une laïcité « à la française » en s’opposant par exemple au port du voile.
Ils ne sont pas d’accord sur la sécurité
Alors que LFI reprend à l’envi le slogan « la police tue », prônant la diminution du nombre de policiers, le PS reste attaché à l’institution, même s’il reconnait des bavures heureusement sanctionnées.
Ils ne sont pas d’accord sur la politique internationale
Alors que Jean-Luc Mélenchon n’hésite pas à mettre en avant sa proximité avec les pires dictateurs du monde (Syrie, Venezuela, Iran, Russie, …) et à ériger certains en modèles de démocratie, les socialistes persistent à ne voir en eux que des criminels et des dictateurs.
Ils ne sont pas d’accord sur l’Europe
Jean-Luc Mélenchon est contre, tandis que les socialistes sont profondément européens.
Mais c’est surtout sur Gaza que les principales déchirures sont apparues, le parti de Jean-Luc Mélenchon n’hésitant pas à instrumentaliser le conflit pour nourrir l’antisémitisme d’une partie de la population pour servir ses intérêts électoraux.
Mais dans ce cas, pourquoi Olivier Faure persiste-t-il à vouloir suivre Jean-Luc Mélenchon et à rester dans le Nouveau Front Populaire s’ils ne sont d’accord sur rien ?
Tout simplement pour de basses raisons électorales. Les municipales approchent à grands pas et le patron du PS et celle des Verts savent qu’ils n’ont aucune chance de conserver des villes chèrement acquises lors des dernières élections s’ils se retrouvent opposés à un candidat de LFI.
Jean-Luc Mélenchon en est parfaitement conscient et il n’hésite pas à s’en servir comme d’une arme de chantage. Dans un article publié hier sur son blog, il a souligné que "les municipales doivent être un moment pour rassembler nos forces autour d'un projet commun, pas une occasion de se diviser pour des ambitions personnelles". Avant d’insister sur l'importance de l'unité, affirmant que "c'est en restant soudés que nous pourrons offrir une alternative crédible aux politiques néolibérales qui dominent".
Olivier Faure a parfaitement compris le message et il fera tout ce qui est en son pouvoir pour rester dans le NFP, au moins jusqu’à 2026. A moins qu’il ne se fasse mettre en minorité au sein de son propre parti. On devrait rapidement avoir une idée des tendances.


