Pierrot Dupuy - Faut-il reporter la rentrée scolaire prévue lundi ?

Début mai, Gilbert Annette avait annoncé son intention de maintenir l'ouverture des écoles du chef lieu. Nombre d'autres maires avaient par contre préféré demander aux enfants de maternelle et du primaire de rester chez eux. A l'image de Jean-Paul Virapoullé, Joseph Sinimalé ou encore Olivier Hoarau ou Patrick Lebreton.
Or le dimanche 3 mai, jour où les maires se sont prononcés, La Réunion n'avait enregistré aucun nouveau cas et ne comptabilisait au total que 421 malades atteints du coronavirus.
Hier, La Réunion a enregistré 40 nouveaux cas, ce qui porte le total de malades connus à 816 depuis l'apparition du premier cas, le 11 mars 2020. Vendredi, il y avait eu 13 nouveaux cas et 20 la veille.
Or, bizarrement, on n'entend aucun maire monter au créneau pour demander le report de la rentrée scolaire.
Seule St-Denis va laisser fermées 24 écoles sur 94
Seule Ericka Bareigts a décidé de laisser fermées 24 écoles, sur 94 écoles primaires et maternelles du chef-lieu. Mais on la comprend. Il y a le feu dans sa ville et plusieurs clusters recensés. Avec des risques de propagation énormes : on compte parmi les malades avérés un employé de mairie annexe, un autre d'un centre aéré, un policier, un employé du Département, etc... Autant de personnes qui ont été au contact de centaines, voire peut-être de milliers de personnes avant qu'on ne découvre leur maladie.
Pas de nouvelles par contre de Joe Bédier, le nouveau maire de Saint-André, ville dans laquelle on a pourtant identifié deux nouveaux clusters en fin de semaine.
Pas de nouvelles non plus des autres maires dans les communes desquels on recense plusieurs cas, même si on ne peut pour le moment parler de cluster, c'est-à-dire d'un groupe d'au moins 3 cas confirmés ou probables, dans une période de 7 jours et qui appartiennent à une même communauté ou qui ont participé à un même rassemblement de personnes, qu'ils se connaissent ou non.
Pourtant, la peur n'est pas moins forte aujourd'hui au sein de la population que début mai.
Quelle explication trouver alors?
Soit ces maires estiment qu'il n'y a plus de risques à envoyer les enfants à l'école demain, que les mesures prises par le ministère et appliquées localement par le rectorat sont suffisantes et devraient permettre d'éviter la propagation de l'épidémie. C'est une possibilité mais je n'y crois guère.
L'autre, beaucoup plus crédible à mon avis, est que les maires de l'époque n'avaient décidé la fermeture des écoles que par populisme, pour aller dans le sens de ce qu'ils pensaient être le désir de leur population. Ou plutôt devrais-je écrire de leur électorat. On était en effet alors à la veille des élections municipales et ils pensaient peut-être qu'il leur fallait aller dans le sens du vent.
Ce qui n'a pas empêché la plupart d'entre eux d'être battu le 28 juin...
Reste la question essentielle : les enfants seront-ils en sécurité demain dans leurs salles de classe, au contact de leurs petits copains? Aux parents de répondre en leur âme et conscience et de décider s'ils envoient ou pas leurs rejetons à l'école...
De son côté, l'Union nationale des associations autonomes de parents d'élèves (UNAAPE) demande le report de la date de la rentrée scolaire à minima au lundi 31 août 2020, pour "permettre d'évaluer les risques sanitaires réels".


