[Pierrot Dupuy] Échecs des étudiants à l’université : c’est tout le système qu’il faudrait changer

Le JIR, mardi dernier, a réalisé un dossier très complet sur l’échec des étudiants à l’université de la Réunion.
Il en ressortait que seulement un étudiant réunionnais sur cinq passe en deuxième année de licence, soit pratiquement deux fois moins qu’en métropole.
Pour améliorer ce taux de passage, le JIR nous informe que le gouvernement a développé l’outil Parcoursup. Pour l’université, « il faudrait installer davantage de liens pédagogiques entre les enseignants du secondaire et ceux du primaire »… Désolé de le dire aussi crûment, mais tout ça c’est du pipeau.
J’ai eu l’opportunité, il y a de cela quelques années, de reprendre mes études pour finaliser ma licence puis mon master de Droit privé. Et ce que j’y avais découvert m’avait atterré.
Et ce qui était valable en Droit devait à mon avis l’être dans toutes les filières.
Tout d’abord, je tiens à dire qu’il y avait dans ma promotion des étudiants particulièrement brillants. Ils ou elles sont d’ailleurs aujourd’hui avocats, notaires ou directeurs de services.
Les professeurs fournissaient également un enseignement de qualité. Rien à dire là-dessus.
Non, le problème, à mon humble avis, provenait des étudiants eux-mêmes.
Quand je les interrogeais sur les raisons qui les avaient poussés à choisir le Droit, l’énorme majorité ne savait quoi me répondre. Très clairement, ils ne savaient pas quoi faire, quoi choisir, et ils avaient fini par atterrir en Droit, sans réelle motivation.
Pas évident de réussir si la motivation n’existe pas au départ.
J’avais même trouvé des étudiants, avec leur diplôme de master en poche, soit après au minimum 4 ans d’études, qui ne savaient toujours pas ce qu’ils allaient faire après l’université. Je me souviens encore d’une des plus brillantes étudiantes de la promo qui m’avait dit : « Je vais présenter des concours, je verrai bien ». Je l’avais fortement encouragée, vu son niveau, à embrasser la carrière d’avocate et c’est aujourd’hui une des robes noires du barreau de Saint-Denis.
Mais surtout, ce qui m’avait choqué, c’est que bon nombre d’étudiants n’avaient pas le niveau pour se retrouver à ce niveau d’études.
Là aussi, j’ai encore en mémoire deux jeunes femmes qui écrivaient papa avec trois p. Je me demandais comment elles avaient pu parvenir jusqu’à ce niveau. Et figurez-vous qu’elles ont obtenu toutes les deux leur licence, puis leur maitrise… Faut dire qu’elles avaient quelques atouts physiques qui pouvaient aider auprès de certains professeurs…
Si ces deux cas étaient les plus choquants, nombre d’autres étudiants n’étaient absolument pas au niveau.
Il faut voir là les conséquences, à mon avis, de la politique mise en place par différents ministres de l’Éducation. Vous comprenez, il ne faut pas traumatiser nos chers collégiens et lycéens. Il faut supprimer les notes. Ça pourrait les décourager de se comparer à d’autres élèves qui eux ont obtenus de meilleures notes. Dans le même registre, il faut supprimer les redoublements. Enfin, cerise sur le gâteau, il faut que 80% d’une classe d’âge réussisse au Bac. Moralité, on le donne maintenant à tout le monde.
Le problème, c’est que ces pauvres élèves à qui l’on a fait croire qu’ils avaient le niveau sont ensuite en droit de penser que munis du précieux Bac, ils ont le droit d’entrer à l’université. Du coup, ils passent d’un univers ultra-protégé à celui de la fac où chaque année est sanctionnée par un vrai examen.
Et là, plus moyen de tricher. Les chiffres sont cruels mais ils reflètent malheureusement le vrai niveau de notre population estudiantine…


