“Paul Vergès a oublié la base de son parti”

Adossé à un mur, les mains enfouis dans les poches, la tête baissée un peu comme un boxeur sonné par l'adversaire, Stéphane ne s'est pas mêlé à la préparation de la soirée électorale, prévue à la permanence de l'Alliance. Le visage fermé, il a lâché : “Ce sera difficile de gagner ce soir”.
Il n'était pas encore 18 heures lorsqu'il a voulu faire quelques pas sur les trottoirs de la rue Sainte-Marie. “Je ne crois pas qu'on va gagner. J'ai vu cette semaine encore, les difficultés que nous avons eues à relancer nos réseaux. Certains militants ont trouvé des prétextes pour ne pas venir distribuer les tracts ou participer aux réunions. Cela n'a pas été facile de mobiliser pour ce second tour”.
“Cela fait un moment maintenant que la base, ceux qui ont fait la grandeur et la force du PCR, se sent délaissée ou abandonnée et oubliée au profit de personnes qui n'ont jamais travaillé pour le parti. Quand Paul Vergès a présenté sa liste, beaucoup ont été blessés, car Paul Vergès a oublié la base de son parti”.
“L'Alliance a fait une liste sans prendre en compte l'opinion de ses militants, ses cadres et ses élus. C'est ce qui explique la démobilisation que nous avons rencontrée dans les municipalités communistes”. Les scores réalisés par l'Alliance dans la plupart des villes dirigées par une majorité communiste, montre que Stéphane n'avait pas tort.
Le résultat de ce second tour des Régionales, lui donne même raison.


