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Pass sanitaire : le nouveau séparatisme

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 11 août 2021 à 16H00

Il y a quelques mois un débat intense se déroulait à l’Assemblée Nationale sur le séparatisme en France. Une loi qui visait à lutter légitimement contre ceux qui étaient opposés aux lois de la République en voulant imposer un mode de vie différent supposé nier les valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité.

Mais voilà que nous inventons une forme de «séparatisme» entre vaccinés et non-vaccinés.

Les débats s’enflamment au sein même des familles, des cercles d’amis et bien sûr des représentants politiques. Des confrontations qui bien souvent dépassent le sujet sanitaire pour s’engager sur le terrain idéologique et politique, étayées par la sur-information d’un côté et, de l’autre, par le déni, voire la reprise de théories contraires, complotistes et dangereuses pour certaines. L’instauration du pass-sanitaire (ou pass-vaccinal à peine déguisé) est un «séparatisme de fait» entre les citoyens ayant reçu leurs doses de vaccin et ceux qui doutent encore, se méfient ou s’opposent avec vigueur.

Un «séparatisme» accru à La Réunion du fait d’une moindre vaccination qu’en métropole.

Évidemment, lors des manifestations, l’utilisation de l’étoile jaune, de symboles nazis, la supposée instauration d’un état totalitaire, les menaces sont inacceptables et nauséabondes. Ces cas extrêmes de récupérations idéologiques sont bien heureusement minoritaires, mais sont en même temps extrêmement bruyants. On ne parle plus de vaccination mais bel et bien d’une opposition radicalisée qui n’hésite pas à employer massivement la propagande numérique. S’appuyer, par exemple, sur le cas d’un jeune homme malheureusement décédé quelques heures après l’injection du vaccin suite à une réaction allergique extrême, revient à souhaiter l’interdiction de la voiture suite à un seul accident mortel sur la route. D’autant que la relation de causalité n’est pas clairement établie. La totalité des cas de chocs anaphylactiques, plus ou moins graves, rapportés suite à la vaccination de 4 milliards de personnes, de tous pays et régimes confondus, se sont soldés, au pire, par une hospitalisation de courte durée et globalement non mortelle.

Pour reprendre l’argument souvent utilisé d’un médicament, sans doute celui le plus employé par nos concitoyens, le Doliprane (Paracétamol), il suffit de lire le 4e paragraphe de la notice (que personne ne lit en général) qui stipule très clairement et en première position : «Comme tous les médicaments, il peut provoquer des effets indésirables : rarement, une réaction allergique peut survenir et même un choc anaphylactique ! Rappelez-vous votre dernière visite chez votre médecin de confiance qui vous demande, par mesure de précaution, si vous êtes allergique à tel ou tel médicament avant de vous les prescrire. Tout médicament, tout vaccin, tout produit inhalé, ingéré ou injecté peut engendrer des effets secondaires indésirables, bénins dans la quasi totalité des cas, fort heureusement. Même l’ingestion d’une simple crevette, de quelques cacahuètes peut provoquer une allergie grave, parfois mortelle chez de très rares personnes dont le système immunitaire défaillant s’emballe et devient un ennemi de l’intérieur.

En tant que médecin généraliste, je suis évidemment pour la vaccination de façon inconditionnelle. J’ai même eu l’occasion en mars dernier de défendre auprès du Conseil Départemental l’organisation d’une campagne de vaccination massive et rapide à La Réunion. Mes arguments, du mois de mars, sont les mêmes employés aujourd’hui par la Préfecture et l’ARS : l’engorgement du système hospitalier, la lenteur de la vaccination, la présence de variants (Britannique et sud-Africain à l’époque) et maintenant le delta (Indien), la vulnérabilité de notre territoire éloigné... Une proposition votée à l’unanimité qui prévoyait l’achat de 500.000 doses de vaccins avec les moyens financiers du Conseil Général pour avancer les coûts d’acquisition à hauteur de 5 millions d’euros. De même que l’organisation d’une campagne massive permettant de vacciner 70% de la population en seulement quelques semaines. Une recommandation de bon sens qui, si elle avait été suivie par les hautes instances, aurait pu épargner La Réunion de ce qu’elle connaît aujourd’hui.

Nous devons désormais convaincre par l’explication, le débat et non la stigmatisation d’une partie de la population Réunionnaise !

Comme au temps du Chikungunya, je suggère un débat télévisé diffusé sur les 2 chaînes en même temps (ce fut le cas en 2006) pour présenter les arguments du pour et du contre, expliquer le fonctionnement du vaccin, détailler les chiffres officiels, écouter les contre-arguments et en débattre, convaincre les hésitants du bien-fondé de la science et rappeler la chance inouïe de disposer aujourd’hui d’une solution qui, à ce jour, est notre seule porte de sortie à cette crise.

Je lance donc un appel aux dirigeants de Réunion La 1ère et Antenne Réunion pour organiser une émission dans laquelle chacun pourra s’exprimer librement, fraternellement et en toute égalité.

La conviction, l’adhésion du plus grand nombre, sans avoir la naïveté d’espérer convaincre tout le monde... plutôt que cette forme de «séparatisme» avec l’instauration de ce pass-sanitaire qui nous éloigne de nos valeurs Républicaines. Cherchons l’adhésion avec un vrai débat contradictoire apaisé, pour en tirer le meilleur.

 

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