Parkings payants à Saint-Denis : La scancar passe la 5e avec 2 millions d'euros de recettes

« Sulfateuse à PV » titraient France Bleu et le journal Paris-Normandie en septembre et octobre derniers au moment d'annoncer l'arrivée d'une scancar à Perpignan et au Havre. « Mitraillette à PV », titrions-nous en 2018. Dans l'Hexagone et à La Réunion, les sobriquets n’ont pas manqué au moment de voir débarquer les scancars, ou LAPI, sur nos routes. Le véhicule LAPI (lecture automatique des plaques d’immatriculation) est un véhicule équipé d'un système vidéo disposé sur le toit de la voiture qui permet de lire des plaques d'immatriculation des deux côtés de la route et le tout effectué en itinérance à l’allure de 30 km/h environ. Cinq ans après son entrée en scène à La Réunion, la scancar de Saint-Denis demeure la seule et unique d’Outre-mer.
L’an dernier et pour la première fois, les recettes générées dans l’activité de contrôle des places de parking sur voirie dans Saint-Denis ont atteint la barre des 2 millions d’euros. Mais l’essentiel ne réside pas dans le fait de faire du chiffre, modère-t-on immédiatement au sein de la Sodiparc, la société d’économie mixte locale qui gère pour le compte d’actionnaires publics et privés - à commencer par la ville de Saint-Denis - la destinée de 2.650 places de stationnement sur voirie dans le chef-lieu.
La scancar n’a pas d’objectif en matière de PV mais en nombre de contrôles
"On a un marché pour le contrôle du stationnement qui nous impose un nombre de contrôles mais pas un nombre de forfaits de post-stationnement (FPS)", nous explique Nicolas Rupert, directeur général de la Sodiparc. "Dans une situation idéale, on aurait zéro FPS (ndlr : autrement dit des PV) car tout le monde aurait payé donc notre contrat avec la mairie ne comprend pas d’objectif FPS", nous confirme-t-il le fait que la SEM n’est pas rémunérée grâce au nombre de PV distribués contrairement à un fantasme bien répandu chez les usagers de la route.
La Sodiparc doit donc ainsi effectuer obligatoirement autour de 30.000 contrôles par mois pour justifier l’obtention de son contrat de délégation de service public (DSP) auprès de la collectivité.
Ces cinq dernières années, les recettes générées par le contrôle des parkings en centre ville de Saint-Denis a suivi une courbe ascendante entrecoupée d’une chute normale pour l’année 2020 en raison du confinement.
En 2018, la Sodiparc a ainsi réalisé une recette de 1,4 million d’euros sur l’activité des parcmètres. En 2019, alors que la Sodiparc mettait en circulation la scancar en janvier de cette année-là, ce chiffre progressait déjà de 300.000 euros pour un total de 1,7 million d’euros à la fin de l’année.
Après donc la chute (1,5 million d’euros) des recettes sur l’année du Covid, la progression a repris en 2021 pour atteindre 1,9 million d’euros de recettes. Enfin, en 2022, la Sodiparc a atteint pour la première fois une recette dépassant les 2 millions d’euros. Soit 2.024.400 millions précisément.
Le nombre de « scan » a doublé
Cette progression des recettes est logiquement corrélée avec le nombre de vérifications effectuées par les ASVP (agents de surveillance de la voie publique) sur la même période. Là où les agents verbalisateurs avaient effectué 150.000 « scan » de plaques d’immatriculation en 2018 - donc avant l’arrivée de la scancar - ils en ont effectué 189.000 en 2019, 287.000 en 2021 et 327.000 en 2022 grâce à la géolocalisation précise, en première lame, de la scancar.
Si le nombre de scan effectués est une première clé de compréhension de l’augmentation des recettes, un second paramètre est à signaler, mentionne Kadir Rassay, directeur stationnement au sein de Sodiparc. "Je ne parlerais pas forcément d’une évolution du nombre d’amendes, je le verrais plutôt positivement dans le sens où il y a un meilleur taux de respect sur la voirie. C’est-à-dire que l’arrivée de la LAPI et des nouvelles méthodes de contrôle mettent en évidence que les gens, maintenant, respectent plus les règles du stationnement en centre-ville. Et je ne vais pas vous mentir, oui au début il y a eu une évolution du nombre de FPS bien évidement mais progressivement ces dernières années, les gens font plus attention, respectent et payent leur stationnement tout simplement."
À ce jour, aucune autre ville réunionnaise n’a imité Saint-Denis en adoptant à son tour une scancar. La raison en est simple selon le directeur de la Sodiparc, elles n’ont pas assez de rues payantes à surveiller...


