Opérée pour des kystes, elle ressort mutilée : le parcours médical chaotique de Cathy*

Victime de graves complications après une opération pour des kystes ovariens, Cathy* témoigne de son parcours médical douloureux, marqué par quatorze interventions et une reconnaissance de handicap.*
Après une intervention programmée pour traiter des kystes ovariens, Cathy* se réveille avec de graves complications. Une dizaine d’opérations plus tard, elle est reconnue handicapée. Elle témoigne "pour que d'autres femmes n'aient pas à vivre ce qu’elle a enduré".
Le témoignage de Shirley Dhinn, ayant subi une hystérectomie sans son consentement, fait écho chez d’autres femmes. C’est le cas de Kathy*, qui après des soupçons d’endométriose se voit programmer une opération sous coelioscopie. “Quand j’ai vu l’histoire de Shirley, je me suis dit, je ne suis pas toute seule. ça m’a donné du courage, de dire que c’est réel ce que j’ai vécu”, nous dit-elle en préambule.
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L’intervention doit permettre d’enlever des kystes aux ovaires. Selon elle, à son réveil, c’est une autre opération qui aurait été réalisée. S'ensuivent de nombreuses complications médicales dont les conséquences sur sa santé sont, pour certaines, irréversibles. Au total, Cathy subit 14 interventions chirurgicales, frôle la mort à plusieurs reprises et est aujourd’hui reconnue handicapée.
Cathy a décidé de livrer son histoire pour éviter que d’autres ne vivent ce qu’elle a traversé, confie-t-elle.
En 2010, suite à un désir de grossesse, Cathy* arrête la prise de sa pilule contraceptive et développe des douleurs au niveau du ventre, de plus en plus intenses.
Aux urgences de Saint-Paul, la jeune femme rencontre un médecin, qui évoque la possibilité de l’endométriose et la renvoi vers le spécialiste dans le domaine.
“Je ne connaissais rien de cette maladie. J’avais un désir de grossesse et on m’avait dit que pour avoir cette enfant, il fallait que je me fasse opérer de l’endométriose”.
L’opération chirurgicale pour enlever les kystes aux ovaires est programmée pour juillet 2011. A son réveil, elle crache du sang, et aurait fini par être transférée en soins intensifs. “Sur mon compte rendu-rendu opératoire, j’apprends que j’ai fait une hémorragie des voies respiratoires”, rapporte-elle.
La veille de sa prétendue sortie d’hôpital, au moment des premières selles, “c’est une mare de sang qui sort, à la place des selles”, relate Cathy avant de poursuivre “On appelle ce professeur qui rassure l’équipe en disant que ce sont des escarres”. Cathy fait un choc septique et se retrouve en réanimation. “Il a juste dit qu’il en a profiter pour enlever [une partie de ] l’intestin, à ma famille” .
Elle retourne au bloc opératoire, le même médecin aurait alors pratiqué une seconde coelioscopie. Et porte désormais une stomie (poche de recueil des selles). “La deuxième opération ne se passe pas bien non plus”, souligne-t-elle. Cathy se fait opérer une troisième fois et finit par changer de service, passant entre les mains d’un spécialiste en chirurgie digestive. Elle découvre plus tard qu’elle a un uretère sectionné. Les allers-retours au bloc s'enchaînent. Pendant plusieurs mois Cathy porte une stomie et une poche de recueil d'urines. Aujourd’hui reconnue handicapée, elle souffre d’une insuffisance rénale et de diverses séquelles résultantes de son parcours de soin.
“Je suis sous morphine, je suis malade constamment, je fais des pyélonéphrites tout le temps”, décrit celle qui se sent aujourd’hui brisée, “physiquement et intérieurement”.
*Nom d'emprunt


