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"On ne peut plus vivre comme ça" : la colère sociale s’invite dans la rue à La Réunion le 5 novembre

Ecrit par S.I. – le mardi 27 octobre 2026 à 06H55

Face à la vie chère, à la précarité et aux inquiétudes sur l’emploi, les syndicats de La Réunion appellent les salariés, les jeunes et les retraités à se mobiliser le jeudi 5 novembre 2026. Deux rassemblements sont prévus à Saint-Denis et à Saint-Pierre.

La colère sociale monte à La Réunion. Réunies en intersyndicale, plusieurs organisations syndicales ont présenté, ce lundi 26 octobre, les enjeux de la grève et des manifestations prévues le 5 novembre. Depuis le siège de la CGTR, à Saint-Denis, leurs représentants ont lancé un appel commun à la mobilisation pour défendre les salaires, l’emploi, les droits sociaux et l’avenir de la jeunesse.

La CGTR, la CFTC, la CFDT, Force ouvrière, Solidaires, l’UNSA, la FSU, le SAIPER et l’Union étudiante 974 entendent faire de cette journée un temps fort de contestation sociale. Leur objectif : obtenir des réponses concrètes face à une situation qu’ils estiment devenue intenable pour une partie de la population.

La vie chère au cœur des revendications

Carburant, alimentation, loyers, gaz et électricité : pour les syndicats, la hausse du coût de la vie pèse lourdement sur les ménages réunionnais, tandis que les salaires et les pensions ne suivent pas la même évolution. La question du pouvoir d’achat constitue ainsi l’une des principales motivations de cette mobilisation.

"La première de nos revendications, c’est le salaire, le pouvoir d’achat", insiste Jacky Balmine, secrétaire général de la CGTR. Il réclame également une baisse du prix des carburants et évoque la possibilité d’une hausse de 20 % des salaires ou d’une prime de vie chère, au regard du coût de la vie sur l’île.

Le responsable syndical affirme que les Réunionnais ont toutes les raisons de participer au mouvement, à Saint-Denis comme à Saint-Pierre. Il appelle à une grève générale pour donner davantage de poids aux revendications.

Même constat du côté de Force ouvrière. Mickaël Langevillier, secrétaire de l’union départementale, met notamment en avant la dépendance à la voiture sur le territoire, ainsi que la nécessité d’augmenter les salaires et le point d’indice des fonctionnaires.

Emploi, services publics et précarité

Au-delà des rémunérations, l’intersyndicale alerte sur les difficultés liées à l’emploi et à la multiplication des situations précaires. Les organisations demandent des emplois permettant de vivre dignement et défendent le renforcement des services publics, notamment dans la santé, l’éducation et la sécurité.

Pour Erick Chavriacouty, secrétaire général de l’UNSA Réunion, il est essentiel de garantir des services publics de qualité afin de restaurer la confiance et de favoriser une société plus apaisée.

La CFDT partage cet appel. Son secrétaire général à La Réunion, Expédit Lock-Fat, souligne que les salariés du public comme du privé doivent pouvoir vivre dignement de leur travail. Il estime également que le prochain budget national suscite des inquiétudes, notamment pour les personnes les plus fragiles.

Les syndicats dénoncent par ailleurs les orientations budgétaires du gouvernement et demandent le retrait du projet de budget Macron-Lecornu.

La jeunesse également appelée à se mobiliser

Les préoccupations des lycéens et des étudiants occupent une place importante dans cet appel. Les syndicats disent soutenir leurs revendications concernant les conditions d’études, l’égalité et les perspectives d’avenir, tout en affirmant leur attachement à l’indépendance du mouvement étudiant.

Pour Michaël Nativel, co-délégué de Solidaires, la mobilisation du 5 novembre doit permettre de faire converger les mécontentements exprimés dans différentes composantes de la société.

L’intersyndicale affirme défendre le droit de manifester pacifiquement et condamne aussi bien les violences et les pillages que la répression qu’elle juge disproportionnée. Elle appelle à un rassemblement large, réunissant salariés, jeunes, retraités et population.

Deux manifestations le jeudi 5 novembre

À Saint-Denis, le rendez-vous est fixé à 9 heures devant le Jardin de l’État, avec un cortège en direction de la préfecture. À Saint-Pierre, le rassemblement est annoncé au Jardin de la Plage, également à partir de 9 heures.

Lire aussi : Logement, pauvreté, vie chère : les alertes réunionnaises que le Cese veut porter à Paris

Pour les organisations syndicales, cette journée de grève interprofessionnelle doit permettre de peser sur les décisions du gouvernement et de faire entendre les revendications locales et nationales.

Le mot d’ordre est clair : rassembler le public, le privé et la jeunesse autour d’exigences communes. Les syndicats espèrent une participation importante pour obtenir des avancées sur les salaires, le coût de la vie, l’emploi et les services publics à La Réunion.

Etiquettes : Manifestation | PU1 | syndicats

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