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NRL : la Région Réunion condamnée à 12 millions d’euros dans l’épineux contentieux du viaduc

Ecrit par J.D – le mardi 28 janvier 2025 à 15H20
Photo d'illustration

Ce mardi 28 janvier 2025, le tribunal administratif de La Réunion a rendu treize décisions clés dans les litiges financiers opposant la Région au groupement Vinci-Bouygues, maître d’œuvre du viaduc de la NRL. Si la majorité des demandes indemnitaires (240 millions d’euros au total) ont été rejetées, la collectivité devra verser 12 millions d’euros pour des travaux imprévus, relançant les débats sur les dérives d’un chantier pharaonique déjà estimé à 2,5 milliards d’euros.

Le tribunal administratif de La Réunion a clos ce mardi un nouveau chapitre du feuilleton judiciaire entourant la Nouvelle Route du Littoral (NRL), en statuant sur treize affaires liées aux surcoûts et aux dysfonctionnements du marché de construction du viaduc. Ces décisions interviennent dans un contexte tendu, où le contentieux global entre la Région et les entreprises dépasse le milliard d’euros.

Des demandes majoritairement rejetées

Le tribunal a jugé « non fondées » la plupart des réclamations du groupement Vinci-Bouygues, qui invoquait des « fautes » de la Région dans la gestion du chantier. Parmi les arguments écartés : l’insuffisance des études géotechniques préalables, les surcoûts liés aux intempéries ou les erreurs de conception de l’ouvrage. Les magistrats ont souligné que les entreprises auraient dû anticiper ces risques, notamment en réalisant des expertises complémentaires, malgré le caractère « exceptionnel » du viaduc de 5,4 km de la NRL.

12 millions d’euros pour travaux supplémentaires

En revanche, le tribunal a reconnu la légitimité de certaines demandes, ordonnant à la Région de verser 12 millions d’euros au titre des travaux de fouilles en mer et de remblaiement des piles du viaduc. Ces coûts supplémentaires découleraient de contradictions dans les plans initiaux du marché et de volumes traités supérieurs aux prévisions. La collectivité devra également s’acquitter d’intérêts moratoires, bien que son avocat, Me François K’Jan, ait rappelé qu’une partie des sommes avait déjà été réglée en 2022.

Un contentieux loin d’être éteint

Ces jugements s’inscrivent dans une saga judiciaire débutée en septembre 2024, lorsque le tribunal avait examiné des dossiers totalisant 240 millions d’euros de réclamations. À l’époque, le rapporteur public avait déjà préconisé le rejet de la majorité des demandes, tout en suggérant une condamnation symbolique de 11 millions d’euros – un montant finalement revu à la hausse.

Reste que le chantier, dont le coût global avoisine désormais 2,5 milliards d’euros, continue de cristalliser les tensions et le second viaduc ne sera livré qu’en 2030.

Une épée de Damoclès pour les finances publiques


Avec plus de 30 000 pages d’écritures et une trentaine de réclamations encore en instruction, le contentieux de la NRL menace durablement l’équilibre budgétaire de la Région. Les entreprises réclament au total près d’un milliard d’euros, incluant les intérêts de retard. Si les premières décisions ont été favorables à la collectivité – comme le rejet des demandes liées à la barge Zourite en octobre 2024 –, l’issue des prochaines audiences, prévues d’ici fin 2025, reste incertaine.

Lire aussi : NRL : Les majors du BTP réclament 240 millions d'euros à la Région pour des études géotechniques insuffisantes

Etiquettes : NRL | Tribunal

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