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'Ni putes ni soumises 974' rencontre des femmes du Burundi

Sophia Castaingt, présidente du collectif Ni putes ni soumises (NPNS) de La Réunion a rencontré hier des femmes originaires du Burundi, qui sont venues témoigner des atrocités des viols dans un pays en guerre et en proie au souvenir cruel des crimes du génocide.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 4 novembre 2009 à 07H57

"La violence envers les femmes, c'est dans le monde entier qu'elle prend forme, avec des souffrances aussi diverses que cruelles", souligne le collectif NPNS 974. Invité avec d'autres associations à rencontrer des femmes venues du Burundi pour témoigner leur vécu de femmes violées et maltraitées, le collectif rapporte : "Nous avons été saisis par des visages et des regards, très marqués par ce qu'elles ont subi, devenues victimes puis rejetées, répudiées".

Ces femmes, aujourd'hui comédiennes, seront présentes cette semaine au théâtre Les Bambous, à Saint-Benoît à l'occasion de la présentation de la pièce de théâtre de Koffi Kwahulé, "Les Recluses", mise en scène par Denis Mpunga, belge d'origine congolaise.

Voici un extrait du texte "qui invite à l'action militante" explique Sophia Castaingt : "Je m’appelle Rose N., j’ai 35 ans et je suis commerçante. Je vis actuellement dans la commune de Kamenge. La première fois, c’étaient des militaires. Ils ont surgi dans la maison avec des voisins. J’étais enceinte. Ils étaient sept. Ils ont exigé que mon mari soit présent pour tout voir. Ensuite ils ont tué mon mari. Le lendemain, j’ai avorté.
Deux jours plus tard, les militaires sont revenus pour me tuer. Mais je me suis réfugiée dans le plafond de la maison ; je ne pouvais compter sur personne pour me venir en aide car la majorité des gens avaient fui. Je suis restée deux jours dans la maison auprès du corps de mon mari qui commençait à pourrir. C’est une voisine (une vieille dame) qui m’a aidée à ensevelir le corps.
Par la suite, mes beaux-parents m’ont tenu pour responsable de la mort de mon mari ; ils pensaient que j’étais de mèche avec les assassins. La seconde fois, cela s’est passé sur le bord de la route. J’allais chercher des marchandises. Ils étaient deux. Ils n’étaient pas militaires. Sur le bord de route. Des gens allaient et venaient
".

"Les Recluses" c'est ce mardi soir et vendredi 6 novembre au théâtre Les Bambous. Les femmes du Burundi seront également présentes ce jeudi soir, même lieu, pour une scène ouverte aux paroles, aux slameurs...Renseignements spectacle : 0262.50.38.63

 

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