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Narcotrafic : le tribunal administratif confirme la fermeture du PMU Chez Maly au Port

Ecrit par Zinfos974 – le jeudi 2 juillet 2026 à 09H45

Après avoir obtenu en urgence la suspension de la mesure en janvier dernier, le PMU Chez Maly, au Port, a finalement perdu son recours sur le fond. Le tribunal administratif a confirmé la légalité de l'arrêté de fermeture administrative pris par le préfet, une décision qui conforte l'utilisation à La Réunion des nouveaux outils issus de la loi contre le narcotrafic.

Le tribunal administratif de La Réunion a donné raison au préfet dans le dossier du PMU Chez Maly. Par une décision rendue mardi 30 juin, les juges ont rejeté le recours introduit par le gérant de l'établissement et confirmé la légalité de l'arrêté préfectoral ordonnant sa fermeture administrative pendant quatre mois.

Lire aussi : Au Port, le PMU Chez Maly fait de la résistance face à la préfecture

Cette décision intervient plusieurs mois après un premier épisode judiciaire. En janvier dernier, le juge des référés avait suspendu en urgence l'exécution de cette fermeture, estimant qu'elle risquait d'entraîner des conséquences économiques irréversibles pour ce commerce ouvert depuis moins d'un an. Le gérant avait notamment expliqué avoir vendu sa maison afin de financer son projet.

L'affaire trouve son origine dans deux gains de paris sportifs, représentant plus de 15.000 euros. Selon les investigations de la police, la personne venue retirer ces sommes avait utilisé la carte d'identité et le relevé d'identité bancaire d'un tiers impliqué dans une enquête portant sur un trafic de stupéfiants entre Paris et le quartier de la Rivière-des-Galets. Le gérant du PMU n'a, en revanche, fait l'objet d'aucune poursuite pénale.

Un débat sur l'application de la loi

À l'audience de mardi 16 juin, le principal débat portait sur l'application de la loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic. L'avocat du gérant, Me Laurent Benoiton, soutenait que les faits reprochés étant antérieurs à l'entrée en vigueur de cette loi, celle-ci ne pouvait servir de fondement à une mesure de fermeture administrative.

Le rapporteur public avait toutefois estimé que cette analyse ne devait pas être retenue. Selon lui, la fermeture relève d'une mesure de police administrative et non d'une sanction pénale. Il avait également considéré que les conditions d'exploitation de l'établissement justifiaient l'intervention du préfet, notamment au regard des carences de contrôle relevées dans le fonctionnement du commerce.

Le tribunal a finalement suivi cette position et rejeté l'ensemble des arguments du requérant.

Une décision saluée par la préfecture

Dans un communiqué publié ce jeudi 2 juillet, le préfet Patrice Latron salue une décision qui, selon lui, confirme le bien-fondé de son action dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic.

La préfecture estime que ce jugement valide l'utilisation des nouveaux pouvoirs conférés par la loi de juin 2025, qui permettent de fermer jusqu'à six mois un établissement soupçonné de blanchir l'argent issu du trafic de stupéfiants ou de servir de support à ces activités.

Pour l'État, cette décision constitue également une jurisprudence importante qui doit permettre d'intensifier la lutte contre l'économie du narcotrafic à La Réunion, dans le cadre de la grande cause régionale "Zéro drogue".

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