Mobilisation lycéenne : les grenades assourdissantes suspendues après la blessure d’un adolescent ayant eu la main arrachée

L’utilisation des grenades assourdissantes est suspendue dans le cadre des mobilisations lycéennes, sur décision du directeur général de la Police nationale. D’après une note consultée par Franceinfo mercredi 7 octobre, cette mesure doit rester en vigueur le temps d’établir les circonstances précises de la blessure d’un adolescent de 15 ans, survenue lundi devant le lycée Béhal, à Lens dans le Pas-de-Calais.
Le lycéen a été grièvement blessé lors de l’intervention des forces de l’ordre. Selon le maire de Wingles, sa commune de résidence, il a perdu sa main gauche et a subi une greffe à la main droite. Il souffre également de blessures au visage et au thorax.
Les circonstances exactes des faits restent à déterminer. Une enquête de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) doit notamment établir si le jeune homme avait ramassé la grenade ou si celle-ci était tombée sur lui. Les enquêteurs devront également déterminer si son utilisation était conforme aux règles.
215 élèves blessés depuis le début du mouvement
Cette décision intervient alors que les mobilisations lycéennes ont déjà fait de nombreux blessés. Depuis le début du mouvement, 215 élèves ont été blessés. Le ministre de l’Intérieur a demandé aux forces de l’ordre de faire preuve de discernement et de veiller à un usage strictement proportionné de la force.
Lire aussi : Manifestations lycéennes dans le Sud : 31 interpellations, dont 28 mineurs, après les violences
La gestion du maintien de l’ordre est néanmoins contestée par plusieurs organisations lycéennes et une partie de l’opposition. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, doivent être auditionnés ce mercredi par les députés de la commission des Lois. Ils seront notamment interrogés sur la gestion de l’ordre public lors des mobilisations et sur la protection des personnes face aux violences.
Une pétition a par ailleurs été déposée le 5 octobre sur le site de l’Assemblée nationale. Elle demande l’interdiction des armes susceptibles de provoquer des mutilations ainsi que des techniques d’immobilisation létales lors des manifestations lycéennes.
La suspension des grenades assourdissantes intervient donc dans l’attente des conclusions de l’enquête de l’IGPN, qui devra préciser les circonstances de la blessure survenue à Lens.


