Michel Vergoz retire Sainte-Rose de l'AMDR

Michel Vergoz, maire de Sainte-Rose, nous confirme que sa municipalité ne fait plus partie depuis le mois de juillet de l'Association des maires de La Réunion qui rassemblait jusqu'alors les 24 communes de l'île. L'édile sainte-rosien explique sa décision par une divergence de point de vue sur le sujet de la lutte contre la vie chère et de l'octroi de mer.
Le maire de Sainte-Rose indique que le président de l'AMDR, Serge Hoareau, a commandé une étude sur l'octroi de mer auprès de l'Association des Maires de France. Michel Vergoz assure avoir indiqué son opposition à cette décision et avoir demandé la mise en place d'une "démarche réunionnaise" pour étudier le financement des communes à travers cette taxe. L'édile du Pays des Laves assure même que la décision de Serge Hoareau "porte préjudice à la crédibilité de la classe politique réunionnaise".
De son côté, Serge Hoareay déplore cette décision "unilatérale" et justifie avoir choisi l'AMF pour mener l'étude sur l'octroi de mer : "Afin d'éviter tout isolement de notre île et toujours dans l'intérêt supérieur de La Réunion, j'ai également noué une relation de confiance et un dialogue constant avec l'AMF (...). C'est dans ce cadre, et dans la volonté de mutualiser nos moyens et ressources qu'a été commandée l'étude sur l'octroi de mer. La problématique de la vie chère étant a l'ensemble des départements et territoires d'Outre-mer, il nous apparaissait légitime de faire front commun sur cette problématique."
Des mois de tensions entre Michel Vergoz et Serge Hoareau
Lors des élections européennes, Cyrille Melchior, président du Département, et Serge Hoareau, président de l'AMDR, deux élus Macron-compatibles, avaient fustigé le choix du Président de ne pas faire figurer un Réunionnais sur sa liste. Michel Vergoz, unique référent officiel du mouvement politique présidentiel, les avaient fortement critiqués et avait notamment accusé le maire de Petite-Île d'avoir été vexé de ne pas avoir été sélectionné par Emmanuel Macron.
Serge Hoareau avait par la suite renvoyé Michel Vergoz dans les cordes : « Michel Vergoz n’a de leçon à donner à personne ! Il est bien là où il est, dans sa mairie de Sainte-Rose et avec son mouvement MPTU qui a montré ses limites et que je rebaptise, ‘Mouvement politique pour le traître d’union’. »
Courrier de Michel Vergoz à l'AMDR
Monsieur le Président,
La remise par la Cour des Comptes du rapport sur «l'OCTROI DE MER, UNE TAXE À LA CROISÉE DES CHEMINS» a constitué en 2024 un moment fort de l'actualité touchant à nos communes.
On aurait pu penser que ce rapport d'évaluation de Mars 2024, éclairant et utile, constitue une base intéressante pour ouvrir et animer des échanges structurés, responsables et sans tabou sur des sujets aussi sensibles que ceux de la «Lutte contre la vie chère» à La Réunion et du financement du fonctionnement de nos communes.
Le moment fut esquivé. Je le regrette.
La visioconférence que vous avez animée en présence de six maires sur vingt quatre, le vingt mars dernier a débouché sur une surprenante commande d'une étude sur l'Octroi de Mer par l'AMDR auprès de ... l'Association des Maires de France (AMF).
Je le déplore.
Je vous ai dit mon opposition à cette proposition et j'ai plaidé pour une démarche Réunionnaise à laquelle Sainte-Rose était prête à souscrire.
Cette décision contribue à porter préjudice à la crédibilité de la classe politique Réunionnaise.
Par la présente, je vous confirme la démission de la ville de Sainte-Rose au titre de membre de l'AMDR.
Courrier de Serge Hoareau à Michel Vergoz
Par la présente, j'accuse réception de votre courrier en date du 16 juillet 2024 et prend acte de votre décision de démissionner de l'Association des Maires du Département de La Réunion (AMDR) qui, jusqu'à présent, rassemblait l'ensemble des 24 communes et 5 Établissements Publics Intercommunaux (EPCI) de La Réunion.
Une décision soudaine, unilatérale et que je regrette d'autant plus, car je m'efforce, depuis ma prise de fonction à la présidence de l'AMDR, d'être un président rassembleur et à l'écoute de tous les Maires et Présidents d'EPCI dans l'intérêt supérieur de notre territoire et de nos concitoyens.
Afin d'éviter tout isolement de notre île, et toujours dans l'intérêt supérieur de La Réunion, j'ai également noué une relation de confiance et un dialogue constant avec l'Association des Maires de France (AMF) et les autres associations départementales ultra-marines.
C'est dans ce cadre, et avec la volonté de mutualiser nos moyens et ressources, qu'a été commandée l'étude sur !'Octroi de mer avec l'AMF. La problématique de la vie chère étant commune à l'ensemble des départements et territoires d'Outre-mer, il nous apparaissait légitime de faire front commun sur cette question. L'immense majorité des maires ultra-marins, et donc Réunionnais, ont d'ailleurs souscrit à cette démarche.
La vocation de l'AMDR est, et j'en suis le garant, de faire le trait d'union entre tous les Maires et Présidents d'EPCI de La Réunion quelques soient leurs bords politiques. Nous étions parvenus ces dernières années à unir nos forces et je trouve désolant que vous ayez, pour votre part, fait le choix de la division.


