Michel Vergoz remet en question l'investissement de la Région Réunion dans la SAPMER

Après l'approbation par la commission permanente de la Région Réunion de la subvention de 5 millions d’euros à la SAPMER, Michel Vergoz explique les raisons de son opposition. Selon lui, cette aide publique à une société cotée en bourse soulève de nombreuses questions, notamment sur l’avenir économique de l’entreprise et l’utilisation des fonds publics.
Le conseiller régional et maire de Sainte-Rose, Michel Vergoz, exprime fermement son désaveu concernant la subvention de 5 millions d'euros allouée à la société de pêche SAPMER, votée lors de la commission permanente de la Région Réunion. Cette aide, qui s'inscrit dans le cadre du "patriotisme économique" selon la Région, a été reçue avec scepticisme par l'élu, qui a voté contre la proposition.
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Une aide mal orientée selon Michel Vergoz
Pour Michel Vergoz, l'attribution de cette subvention à la SAPMER, une société privée cotée en bourse détenue par Cana Tera (la holding familiale de Jacques de Chateauvieux), soulève plusieurs questions. Il souligne qu'un tel investissement de fonds publics aurait été plus judicieux s'il avait été dirigé vers des secteurs plus pressants, comme les petites entreprises réunionnaises ou les familles locales, face aux préoccupations sociales et économiques actuelles.
"Je suis gêné que 5 millions d'argent frais de la Région soient investis dans un secteur comme celui-ci, alors que nos petites entreprises souffrent et que nos familles réunionnaises sont inquiètes face au pouvoir d'achat et à la vie chère," a-t-il déclaré.
Le passé de Jacques de Chateauvieux pointé du doigt
Michel Vergoz exprime également sa surprise face au soutien accordé à la SAPMER en raison "du CV" de Jacques de Chateauvieux, "qui ne plaide pas en sa faveur". Le conseiller régional énumère plusieurs épisodes de l’histoire de l’homme d'affaires, qu'il considère comme des signes d'une gestion douteuse et d'un manque de respect pour l’économie locale.
Michel Vergoz cite des épisodes comme "la vente de la terre réunionnaise à des investisseurs étrangers" et des problèmes financiers passés. Il dénonce également l'argument du patriotisme économique mis en avant par la collectivité régionale, affirmant que Jacques de Chateauvieux a, par le passé, privilégié des intérêts étrangers au détriment de La Réunion.
L'élu pointe également les difficultés financières récentes de la SAPMER, qui, selon lui, ont été ignorées dans les rapports soumis à la Région. En 2023, la société a enregistré une baisse de 13% de son chiffre d'affaires par rapport à l’année précédente, et les prévisions pour 2024 sont encore plus inquiétantes, avec une chute de 36% au premier semestre. Michel Vergoz se demande comment un tel acteur, déjà en difficulté, peut justifier la nécessité d'une subvention publique.
"La SAPMER, une société privée et cotée en bourse, qui dispose d’un quota important de légine, peine à réaliser de bons résultats financiers. Pourquoi, dans ce cas, lui accorder une aide publique ?" questionne Michel Vergoz.
Un manque de transparence dans le dossier pour Michel Vergoz
Le maire de Ste-Rose et opposant à la Région, met également en lumière des zones d'ombre dans l'évaluation de la situation financière de la SAPMER. Il assure que l'expert indépendant qui a rédigé le rapport sur la société a mis en garde contre l'incertitude des données prévisionnelles, soulignant des risques importants. L'élu critique l'absence d'audit des comptes 2023 et de la prise en compte de la baisse des quotas de légine, un facteur majeur affectant les recettes de la société.
"L’expert indépendant désigne la Région comme un investisseur possiblement abusé. Nous devons être plus vigilants et éclaircir ces zones d'ombre", avertit Michel Vergoz.
Propositions et appel à la prudence
Face à cette situation, Michel Vergoz propose de surseoir à la décision et d'attendre plus de clarté avant de se prononcer sur l'avenir de cet investissement public. Il suggère qu’un audit des comptes de la SAPMER soit mené par la Région Réunion, afin de mieux comprendre l’impact de la baisse des quotas et évaluer la situation de manière transparente.
"Pourquoi se précipiter alors que des alertes existent sur la valorisation des thoniers et la baisse du chiffre d'affaires ? Une analyse plus approfondie est indispensable," conclut l’élu.
Il appelle la présidente de la Région Réunion, Huguette Bello, à surseoir à statuer sur cette subvention, tant que tous les éclairages nécessaires n’auront pas été apportés.


