Revenir à la rubrique : Faits divers

Meurtre de Rayan à Saint-Gilles : deux gendarmes en garde à vue pour non-assistance à personne en danger

Ecrit par Sébastien Gignoux – le mardi 31 mars 2026 à 16H35

Trois mois après la mort du jeune Rayan Fandikana, tué le jour de ses 18 ans dans la nuit du 18 au 19 décembre 2025, lors d’une rixe devant les discothèques saint-gilloise, deux gendarmes sont mis en cause dans une enquête pour non-assistance à personne en danger. Opérateurs du 17, ils auraient tardé à envoyer des équipes sur place.

C’est une affaire dans l’affaire qui va sans doute éplorer un peu plus les proches de Rayan Fandikana, retrouvé mort le vendredi 19 décembre dernier à proximité des discothèques saint-gilloises où il était venu fêter ses 18 ans avec des amis.

Alors qu’une information judiciaire pour meurtre suit actuellement son cours, avec la mise en examen de cinq individus soupçonnés d’avoir porté des coups mortels au jeune Saint-Paulois, on apprend qu’une deuxième enquête est ouverte à propos des événements tragiques survenus cette nuit du 18 au 19 décembre 2025. Des investigations portant sur des faits présumés de non-assistance à personne en danger, et qui ont conduit au placement en garde à vue, vendredi 28 mars, de deux militaires affectés au groupement de gendarmerie de La Réunion.

Deux heures et cinq appels pour déclencher

Selon nos informations, les comptes-rendus d’intervention de cette nuit-là ont fait état d’une arrivée particulièrement tardive de la gendarmerie sur les lieux des faits. En effet, entre le premier appel d’un vigile de la discothèque, vers 3h du matin, et l’arrivée des forces de l’ordre sur les lieux, près de deux heures se seraient écoulées.

En cause, un possible manque de discernement de la part des militaires en poste au centre d’opération et de renseignement de la gendarmerie (CORG), là où sont réceptionnés les appels d’urgence au 17. Selon les éléments recueillis par Zinfos974, ce ne sont en effet pas moins de cinq appels en lien avec cette affaire qui ont été reçus par le CORG avant qu’une patrouille ne soit envoyée sur place.

Appels de vigiles de la discothèque, dans un premier temps, pour évoquer une bagarre en cours. Appels également du CTA-CODIS (centre de traitement de l’alerte-centre opérationnel départemental d’incendie et de secours), la plateforme d’appel dirigeant les sapeurs-pompiers rendus sur place et faisant état d’un attroupement susceptible d’avoir dégradé les conditions de leur intervention.

Lire aussi : Meurtre de Rayan à Saint-Gilles, cinq suspects écrouées

Echanges avec les pompiers

L’enquête, confiée aux soins de l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), a permis la saisie pour analyse des enregistrements de ces échanges, impliquant successivement deux opérateurs de la gendarmerie, un homme et une femme. Et les retranscriptions de ces discussions ne seraient pas à leur avantage, laissant envisager que les militaires ont sous-estimé la gravité des événements en cours à Saint-Gilles. La teneur de ces échanges avait notamment profondément troublé les pompiers en poste au CTA-CODIS cette nuit-là.

La gendarmerie elle-même a en tout cas jugé le traitement de ces appels suffisamment problématique pour prendre des mesures conservatoires à l’encontre du sous-officier ayant réceptionné les premiers appels, qui a été mis à pied avant un probable déplacement vers un autre département.

Plainte de la famille

Les auditions des deux militaires réalisées, reste à savoir quelles suites judiciaires seront données à cette affaire par le parquet de Saint-Denis, qui doit prendre une décision cruciale. En cas de faits suffisamment caractérisés, faudrait-il renvoyer les deux gendarmes devant le tribunal correctionnel ? Ou bien faudrait-il joindre cette procédure à l’enquête pour le meurtre de Rayan, et voir ces éventuels délits connexes être discutés devant la cour d’assises ? Nous ne sommes pas parvenus à joindre la procureure de Saint-Denis sur cette affaire, dans laquelle la famille du jeune Rayan a également déposé plainte contre la gendarmerie.

Le délit de non-assistance à personne en danger est puni de cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.

Etiquettes : Gendarmerie | Meurtre | Saint-Gilles

Dans la même rubrique

0💬
Tri :