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Meurtre de Jean-Laurent Pothin : la femme au cœur du crime reste en liberté

Ecrit par S.G. – le mercredi 5 novembre 2025 à 15H05
Quatre ans après sa disparition, le corps de Jean-Laurent Pothin aurait été découvert dans une falaise proche de la rivière de l'Est.

Mise en examen pour recel de cadavre et abstention d’empêcher un crime, la femme qui a fini par révéler l’emplacement du corps de Jean-Laurent Pothin le 9 octobre dernier reste en liberté malgré l’appel du parquet.

C’est un personnage central dans l’affaire de la disparition mystérieuse de Jean-Laurent Pothin la nuit du 19 novembre 2021 à Sainte-Anne.

N.S., 26 ans, était présente lors de cette soirée alcoolisée au cours de laquelle l’homme de 42 ans a été tué, et elle a reconnu avoir accompagné le meurtrier présumé lorsque celui-ci a décidé de faire disparaître le cadavre en le jetant dans un rempart de la rivière de l’Est.

Le parquet fait appel

Ce qui lui a valu d’être mise en examen pour abstention d’empêcher un crime et recel de cadavre, délits pour lesquels le juge d’instruction avait sollicité le 10 octobre un débat devant le juge des libertés et de la détention afin qu’elle soit placée en détention provisoire.

Mais la juge avait tenu compte de la coopération de la suspecte avec les gendarmes, qu’elle avait conduits jusqu’au lieu de la découverte du corps de Jean-Laurent Pothin, et avait ordonné sa remise en liberté sous contrôle judiciaire. Une décision dont le parquet a interjeté appel.

"A cause d'elle que la dispute a éclaté"

« C’est elle qui est à l’origine du conflit entre la victime et l’auteur présumé, c’est à cause d’elle que la dispute a éclaté et que la victime a été massacrée. Elle n’a rien fait pour empêcher la bagarre et a participé à la disparition du corps », a soutenu le ministère public mardi 4 novembre devant la chambre de l’instruction.

« Elle s’est tue pendant quatre ans mais s’est tout de même vantée auprès d’un tiers de pouvoir faire disparaître un corps » souligne encore l’avocate générale, réclamant le placement en détention provisoire de la jeune femme « pour empêcher toute concertation avec les coauteurs ou toute pression sur les témoins. »

"Je serai là pour faire avancer l'enquête"

Un emprisonnement « qui n’apporterait rien à l’enquête » selon l’avocat de la jeune femme. « Les faits remontent à quatre ans en arrière, et elle s’est déjà expliquée sur son silence : le suspect menaçait de s’en prendre à ses enfants si elle parlait », rappelle Me Fabian Gorce, observant que la jeune femme a scrupuleusement respecté le contrôle judiciaire en place depuis trois semaines.

« Je serai toujours là pour faire avancer l’enquête si on me demande », promet d’ailleurs sa cliente à la barre. Après en avoir délibéré, la chambre de l’instruction a décidé de maintenir la jeune femme en liberté sous contrôle judiciaire.

Alcool et jalousie

Le 8 octobre dernier, l’enquête sur la disparition de Jean-Laurent Pothin connnaissait un rebondissement inespéré après quatre ans de vaines recherches. Grâce à des témoignages et des écoutes téléphoniques, les gendarmes avaient acquis la conviction que le quadragénaire avait été tué au cours d’une soirée alcoolisée à laquelle il participait avec la jeune femme et le suspect, Jean-Willy G., 54 ans. Dans une crise de jalousie, ce dernier s’en serait pris violemment à Jean-Laurent Pothin, ce qu’il a cependant contesté formellement.

L’ayant mis à mort, il aurait alors, selon les deux autres protagonistes, entrepris de nettoyer la scène de crime avec l’aide du propriétaire des lieux, puis transporté le cadavre de Jean-Laurent Pothin jusqu’à la rivière de l’Est pour le faire disparaître.

Un secret bien gardé durant quatre ans, jusqu’à ce que le principal suspect se vante, au cours d’une nouvelle altercation, d’avoir tué Jean-Laurent Pothin sans s’être jamais fait prendre.

Lire aussi : Meurtre de Jean-Laurent Pothin à Sainte-Anne, la jalousie comme mobile du crime ?

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