MaPrimeRénov' maintenue... mais à moitié

Sous la pression des professionnels du bâtiment, le gouvernement recule partiellement sur la suspension de MaPrimeRénov'. Les aides aux travaux isolés sont finalement maintenues mais les rénovations d'ampleur restent dans le viseur de l’exécutif.
Revirement au ministère du Logement : les aides MaPrimeRénov' ne seront finalement pas suspendues pour les travaux dits « mono-gestes » comme le remplacement d'une chaudière, de travaux d'isolation ou de pose de fenêtres… Autant d’opérations ciblées qui resteront éligibles au dispositif malgré l’annonce de sa suspension début juin. Une volte-face du gouvernement face à la levée de boucliers du secteur du bâtiment, qui s’était dit prêt à descendre dans la rue.
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Mais ce maintien est présenté comme provisoire. « Ce n’est pas un puits sans fond », prévient déjà le ministère qui envisage un encadrement plus strict d’ici à 2026 de MaPrimeRénov'. Pour les rénovations lourdes, les arbitrages sont déjà en cours : recentrage sur les passoires thermiques F et G, baisse du plafond de subvention à 50.000 euros, suppression du bonus de 10 % pour les sorties de l’étiquette F ou G… soit autant de pistes qui dessinent un durcissement.
La Fédération française du bâtiment (FFB), très mobilisée ces derniers jours, crie victoire. « Une belle et grande victoire », salue un communiqué, soulignant que la rénovation par gestes reste un levier efficace, moins coûteux, plus simple, et vecteur d’emploi artisanal. Son président, Olivier Salleron, insiste : « Ce type de travaux permet jusqu’à 50 % d’économies d’énergie et fait vivre de nombreux artisans. »
Le gouvernement justifie néanmoins sa réforme de MaPrimeRénov' par des « fragilités structurelles » du dispositif : des fraudes estimées à 50 millions d’euros, une hausse des dossiers litigieux, et un engorgement des services. Avec 122.000 ménages aidés depuis janvier, dont 78.000 pour des travaux isolés, l’enveloppe annuelle a fondu plus vite que prévu.
En coulisses, c’est aussi l’approche de l’année 2026 qui inquiète. Le report de dossiers non traités pourrait provoquer une saturation du système. Les aides pour les rénovations légères survivent donc… pour l’instant.
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