Manifestations ce matin à Saint-Denis et à Saint-Pierre contre les politiques d'austérité

Si la longue bataille contre la réforme des retraites n'a pas été couronnée de succès pour les syndicats et les manifestants, elle a néanmoins contraint le gouvernement à passer en force à l'assemblée nationale et permis de renforcer intersyndicales et interprofessions un peu partout sur le territoire national.
« Oui, l'intersyndicale est de retour ! », savoure Marie-Hélène Dor, secrétaire départementale de la FSU, en évoquant cette première mobilisation dans un cadre syndical européen. « Après le mouvement contre la réforme des retraites, l'interpro avait annoncé qu'on resterait mobilisés sur des problématiques connexes comme les salaires, l'égalité professionnelle femmes-hommes ou contre les politiques d'austérité à l'échelle européenne. »
« Des étudiants sautent des repas »
Pour autant, le sujet des retraites n'est pas absent des débats, FO rappelant que le gouvernement va supprimer l'ITR (indemnité temporaire de retraite) pour les fonctionnaires d'Outre-mer, sans mettre en place à La Réunion les mesures transitoires de compensation qui avaient été avancées.
De leur côté, les jeunes qui s'apprêtent à tenter d'intégrer le marché du travail peuvent eux aussi s'inquiéter face à l'augmentation du coût de la vie. Mardi, la Région a annoncé un coup de pouce de 400 000 euros pour les étudiants de l'IRTS. Le 21 juin dernier, la Première ministre Elisabeth Borne avait communiqué sur une hausse de 30 euros accordée à tous les boursiers ultramarins, une mesure qui s'ajoute à la revalorisation de 37 euros pour l'ensemble des boursiers du pays. Une prise en compte du contexte difficile vécu par bon nombre d'étudiants réunionnais jugée encore insuffisante par le syndicat UNEF 974.
« Sur plus de 19.000 étudiants à La Réunion, 63% sont des boursiers, c'est beaucoup plus que la moyenne nationale. De nombreux étudiants sautent des repas et ne mangent parfois qu'une fois par jour, au restaurant universitaire de Saint-Denis, car ceux qui étudient dans le sud n'en ont pas », témoigne Rayan Remtoula, secrétaire général de l'UNEF. Selon lui, la moitié des étudiants de l'île sont contraints d'effectuer leurs études en habitant au domicile familial. Son syndicat milite depuis des années pour « une vraie allocation d'autonomie au niveau national qui ne soit plus calculée sur le revenu des parents. »


