Macron sur la NRL: "Il peut y avoir des éboulements, la situation n'est pas tenable"

La tant attendue table ronde entre le Préfet de La Réunion et les différents acteurs du chantier de la NRL avait permis de déminer le terrain. A l'issue de cette réunion, les transporteurs s'étaient dit satisfaits et avaient pu reprendre le travail dès ce lundi. Ce qui a permis d'éviter un blocage du chantier quelques jours avant l'arrivée du Président de la République.
Ce jeudi soir, lors de son interview par les télé locales, le chef de l'Etat a réitéré les propos tenus hier après-midi à sa descente d'avion, avec la précision supplémentaire que les acteurs avaient dû composer avec une levée de boucliers qu'il semble considérer comme légitime à l'heure des questions environnementales.
"C'est un dossier où l'Etat a beaucoup investi, a-t-il tout d'abord évoqué le protocole Matignon II. Mais pour Emmanuel Macron, c'est bien le cas de force majeur que constitue la menace qui fait que le chantier doit "se finir".
"Il peut y avoir des éboulements, la situation n'est pas tenable. La Région a pris ses responsabilités et elle est en charge de ce chantier. Aujourd'hui, soyons clairs, le consortium (le groupement NRL, ndlr) doit trouver les matériaux", a-t-il expliqué avant de relativiser face aux contestations relatives à l'ouverture de carrières: "Qu'est-ce qui s'est passé entretemps ? Il y a eu des mécontentements de la population", mais "il y a un engagement, le préfet a mis tout le monde autour de la table. Il faut regarder d'autres solutions d'extractions de matériaux pour finir cette route."
"On ne laissera personne dans l'impasse"
A la question de savoir si l'Etat accompagnerait un dérapage financier du chantier, le président a affirmé qu'"à la fin, on ne laissera personne dans l'impasse". Alors que l'enveloppe prévue était de 1,6 milliard d'euros, cette dernière a déjà été dépassée, pour atteindre les 2 milliards d'euros.
La semaine dernière, les échanges avaient porté leurs fruits: le Préfet de La Réunion avait annoncé que la digue de 2,7 km, allant de Grande Chaloupe à La Possession, allait pouvoir être construite grâce à des ressources locales. Le chantier de la NRL allait également pouvoir se poursuivre dans les "meilleurs délais possibles" et "à un coût acceptable" par le maître d’ouvrage, selon les termes choisis il y a une semaine.
Le maître d'ouvrage devait rencontrer le groupement SBTPC-GTOI-Vinci, seul décideur de l’approvisionnement en roches massives pour la partie digue de la NRL selon Didier Robert, sous l'égide du Secrétaire d'Etat, Jean-Baptiste Djebbari. Une rencontre qui permettrait d'aboutir à une solution opérationnelle, sous un mois.
En effet, alors que tout porte à croire que le chantier de la NRL va pouvoir repartir de plus belle, les Réunionnais, et plus particulièrement les transporteurs, attendent et espèrent beaucoup de cette rencontre qui va être l'élément décisionnel.
Jean-Baptiste Djebbari s'était d'ores et déjà exprimé, depuis Paris, à l'issue de la table ronde et avait tenu à féliciter "le travail du préfet et des acteurs locaux qui a abouti à une vision commune de la poursuite du chantier de la Nouvelle route du Littoral", il ajoutait : "Je veillerai personnellement au bon suivi de cet accord d’avenir. L’ensemble des services techniques du ministère est mobilisé pour ce projet."


