Luttons contre l’illettrisme
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J’ai entendu avec horreur, une enseignante venir expliquer sur télé-Réunion la nécessité d’enseigner « le créole ? », c’est-à-dire le vocabulaire et la grammaire, dans les écoles. C’est très grave, l’éducation nationale va tuer ces langues vivantes que sont les langues créoles qui ne doivent surtout pas devenir élitistes mais dont leurs cultures doivent être entretenues.
Elle parlait une langue créole comme mon vieux professeur d’anglais parlait anglais, c’est-à-dire avec un accent à faire tordre de rire toute l’Angleterre, mais par contre il était le roi du prétérit et du cas possessif. Il était persuadé d’être Shakespeare réincarné.
C’est bien dans l’esprit de certains enseignants métropolitains de rêver de structurer une langue. Ils pourront faire des thèses, écrire des lexiques, des dictionnaires, construire de savantes règles grammaticales, en un mot figer les langues créoles. Ils finiront par créer une académie « du créole » où ils pourront devenir « immortels » en décidant de la définition des mots et de leur écriture (kwa ? ou koi ?).
On va faire des cours de rattrapage pour les gramounes qui n’utilisent pas correctement la grammaire ?
Non à l’enseignement des langues créoles, oui à la préférence régionale des enseignants de la maternelle à l’entrée dans le secondaire.
Par contre, pour lutter contre l’illettrisme en recrutant un fort pourcentage d’enseignants ayant été élevé à la Réunion devient une urgence, non pas pour enseigner les langues créoles mais pour pouvoir mieux expliquer et adapter la pédagogie à l’enseignement du français auprès des usagers des langues créoles.
Les langues créoles doivent vivre, défendons les à-travers les associations culturelles, c’est comme ce qu’on les enrichira et non pas en les figeant.
J’ai volontairement dit « les langues créoles », car elles différent d’un point à l’autre de l’île et encore plus d’un DOM à l’autre.
Jean-François Séguineau


