L'USPPM: Une police municipale "armée" nécessaire au Port

Suite au défilé armé de jeunes du Port pour le réveillon du Nouvel an et la voiture incendiée devant le commissariat de police de la ville hier soir, les questions autour de la sécurité en centre-ville de la commune refont surface. Le maire, Olivier Hoarau, dit "condamner" ces actes et prévoit d'augmenter les dispositifs de sécurité dans les rues de la ville.
Parmi les durcissements prévus cette année, une police municipale devrait être mise en place, comme l'avait annoncé le maire lors de la visite de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, à La Réunion en juin dernier. Une police municipale "qui devra avoir les moyens suffisants et les armes nécessaires sur la voie publique", selon Jean-Louis Del Pistoia, vice-président et directeur de la communication de l'USPPM (Union syndicale professionnelle des policiers municipaux). Une décision propre au maire, rappelle-t-il: "Tout dépend de la doctrine d'emploi de la mairie".
Prévention ou répression, la priorité donnée à l'une varie selon les communes. "Les policiers municipaux de certaines communes sont plus armés que d'autres. Au Port, je pense qu'il faudra voir des policiers en tenue, protégés par des gilets pare-balles, avec une arme accrochée à la ceinture, afin de dissuader les délinquants. Des hommes simplement vêtus de bleu ne feront pas l'affaire", explique-t-il.
S'il avoue qu'il n'envie pas Olivier Hoarau, "qui n'a pas une décision facile à prendre", le syndicaliste explique que le maire pourrait opter pour un dispositif davantage préventif, par peur de prendre une initiative trop forte. Et ce à cause de la mauvaise image qu'a la police municipale, selon Jean-Louis Del Pistoia: "On est perçu comme les cowboys du maire, qui obéissent selon les tendances politiques de la mairie en place et c'est pour ça que les maires préfèrent parfois ne pas trop en faire", explique-t-il.
Sans "sur-armer" les policiers - "car cela serait vu comme un acte de provocation"- il est nécessaire selon lui de donner une image d'une police respectée. "Malheureusement, on voit bien que l'on est plus respecté lorsque l'on porte une arme", avoue le policier de Saint-André.
Quels effectifs nécessaires?
"On ne parle plus de sentiment d'insécurité mais de climat, et ce qui s'est produit le 31 décembre était un débordement flagrant", affirme-t-il. Selon lui, six policiers minimum suffiraient à rassurer la population et dissuader les malfaiteurs.
Armés et nombreux, c'est pour lui une réponse correcte. Cela permettrait de protéger la population mais aussi les policiers eux-même. "Ce ne devrait pas être aux maires de décider du port d'arme ou non de leurs policiers, ajoute-t-il, car sans moyens de défense, ils ne peuvent pas se protéger eux-même". Une politique pour laquelle le syndicaliste se bat depuis plusieurs années.
Il s'agirait donc d'une tâche "délicate" pour Olivier Hoarau, qui devra faire preuve de pragmatisme, selon Jean-Louis Del Pistoia et devra se rappeler "que la plupart des communes ont une police municipale armée".


