Lurel veut aider la Région à tenir les délais de la nouvelle route du Littoral

Le ministre des Outremer, Victorin Lurel, a eu droit dès sa descente d'avion à un point d'étape sur les grands chantiers régionaux. En préfecture tout d'abord, puis dans les locaux du Barachois de la maison des chantiers, l'état actuel des projets de nouvelle route du Littoral et de l'entrée Ouest de Saint-Denis lui a été présenté. "Nous (l'Etat, ndlr) montrons de la bienveillance et de l'exigence", a insisté Victorin Lurel.
Dilemme : il faut aller vite mais le faire dans le respect d'une législation qui vient d'évoluer. C'est d'ailleurs sur ces sujets de protection des espèces marines, voire même de la faune et flore (si l'on y incorpore l'impact attendu sur la ravine des Lataniers), que le ministre a rappelé les nouveaux impératifs réglementaires.
Depuis le 1er septembre, la loi est plus exigeante à ce titre. Victorin Lurel promet une consultation publique accélérée pour tenir les délais. Salutaire pour certaines associations, qui comptent bien saisir ces derniers recours, mais forcément à double tranchant pour la Région qui joue sur un calendrier restreint.
"On aurait pu prendre les arrêtés nécessaires avant le 1er septembre", s'est presque pardonné Victorin Lurel en cherchant du regard le président de Région, mais l'exigence que porte en elle la "Charte de l'Environnement" devient un incontournable, puisqu'inscrit "dans le bloc de constitutionnalité".
"A la fin de ce mois, toutes les dérogations seront prises", garantit Victorin Lurel. "La balle est dans votre camp M. le Préfet", délègue-t-il. Jean-Luc Marx doit en effet prendre une dérogation de la loi sur l'eau et une autre sur le domaine public maritime. "Ce sera fait dans quelques jours", avise le préfet. Idem pour le ministère en charge de l'Environnement. "L'Etat prendra ses responsabilités et accordera ses dérogations. Le ministre l'accordera pour l'espèce des dauphins, le préfet pour la partie qui le concerne", annonce le ministre des Outremer.
Restera à respecter une "procédure responsable et démocratique" qui est la participation du public. Là encore, l'Etat promet d'aller vite. Un mois en tout et pour tout.
"La population ne comprendra pas qu'il y ait encore des bouchons"
En clôturant son intervention à la maison des chantiers, Victorin Lurel a, enfin, formulé une sorte d'avertissement en direction de Didier Robert, président de Région, et de son délégué à la NRL, Dominique Fournel. "Vous aurez à répondre qu'il n'y a pas d'alternative au projet actuel, montrer que la solution préconisée est la meilleure, je n'ose pas dire la moins pire des solutions", ajoute le ministre.
Bien conscient qu'il faut encore convaincre et séduire, le vice-président de la Région y va de ses remerciements pour "le travail de collaboration exemplaire depuis trois ans que la collectivité a pu avoir avec l'Etat". Dans les mêmes termes ou presque, Didier Robert le signifiera à son tour, un peu plus tard.
"Nous sommes prêts, vous le savez, à démarrer le chantier", souligne Dominique Fournel. Ce à quoi le ministre semble favorablement répondre. "On est soucieux de respecter le calendrier. Démarrer en cette fin d'année ou en début 2014 serait bien pour l'emploi", admet Victorin Lurel. Mais l'entrée Ouest de Saint-Denis devra faire partie du projet de NRL insiste le ministre. "La population ne comprendra pas qu'il y ait encore des bouchons et que la route du Littoral ait été pensée sans cette nouvelle entrée", fait-il valoir. "L'opinion publique réunionnaise, les formations politiques, le monde économique attendent tous cette réalisation".


