L’UPR à l’assaut des Européennes pour dire que La Réunion sans l’Europe, c’est mieux

C’est dans notre département que l’Union populaire républicaine (UPR) a réalisé son meilleur score sur le plan national aux dernières Européennes. En juin 2024, l’UPR de François Asselineau tentera de faire mieux pour espérer placer au moins cinq de ses candidats au Parlement européen. C'est pourtant bien ce parti fondé en 2007 par cet énarque qui brandit comme leitmotiv le "Frexit".
"Effectivement ça peut paraître dans un premier temps contradictoire", admet Florian Binet, tout nouveau délégué départemental de l’UPR à La Réunion. Si son parti arrive à hisser quelques compagnons au sein de l’instance politique européenne, leur mission sera "de dire ce qui s’y passe". L'idée étant de profiter de cette tribune que constituerait l’élection de députés européens pour donner une caisse de résonance aux idées du parti. La méthode est éprouvée outre-Manche avec l’exemple de Nigel Farage, à l’époque dirigeant du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) qui avait réussi à se faire élire aux Européennes avant de devenir l’un des artisans du Brexit.
"L’idée c’est de faire pareil, d’expliquer ce qui se passe derrière le dos des citoyens", y croit Florian Binet, investi par François Asselineau lors de leur rencontre à Orléans au mois d’octobre.
La délégation départementale était jusque-là en sommeil depuis quelques années. Florian Binet, policier à la retraite qui a achevé sa carrière au commissariat du Port, a découvert la vision de son maître à penser il y a deux ans. Depuis, il fait comme beaucoup d'admirateurs du personnage : enrichir ses connaissances en regardant les nombreuses vidéos de François Asselineau versées sur le site de l’UPR, seul moyen de faire porter sa voix car, médiatiquement, l'ex-directeur de cabinet de nombreux ministres est rarement convié à la table des grands médias nationaux, déplore Florian Binet. Une réalité loin d'être anecdotique puisqu'il existe "une corrélation entre le temps de parole et le score obtenu", soutient Florian Binet car "il est évident que les gens ne peuvent pas voter pour quelqu’un qu’ils ne voient pas".
"Dans les vidéos de M.Asselineau, les gens verront que ses analyses d'il y a dix ans sont vérifiées par les faits et ne sont jamais démenties. Outre le fait que c’est quelqu’un qui possède un don oratoire certain, il a la faculté de ramener les faits qui nous impactent, aussi bien nationaux qu’internationaux, à l’Histoire", glorifie-t-il l'ancien inspecteur général des finances qui a été candidat à la présidentielle de 2017. En 2022, son souhait d'aller à la rencontre des Français avait été stoppé par le manque de parrainages. C’est donc vers les Européennes que le parti se tourne pour se faire entendre sur son thème de prédilection.
Pour Florian Binet, il faut tout simplement "guérir la France" qui se trouve en position d’"urgence vitale". "Au niveau économique c’est une catastrophe. La France c’est 3 000 milliards d’euros de dette publique, soit 44 000 euros au-dessus de la tête de chaque Français. La France s’endette de 2 700 euros par seconde. L’an dernier, on avait un déficit commercial de 164 milliards d’euros. Les dirigeants français ont les mains totalement liées et sont obligés de se conformer aux grandes directives économiques édictées par l’Union européenne", déplore-t-il.
"I want my money back"
Ne comptez pas sur Florian Binet pour se laisser duper par la communication en trompe-l'oeil de nos politiques péi lorsqu’un chantier est livré et que les fonds européens émargent au chapitre du plus gros contributeur.
"Quand on donne 3 à l’Union européenne, on en reçoit 2", image simplement Florian Binet à l'instar de la phrase cash restée célèbre de Margaret Thatcher. "Le reste est distribué aux autres états. L’an dernier, on a donné 27 milliards et on en a reçu que 18. Mais ces 18 milliards avec le petit drapeau européen, c’est l’argent des Français !" évoque-t-il cette tromperie sur marchandise.
"On entend dire que « sans l’Europe il n’y aurait plus de route, il n’y aurait plus d’agriculture » mais non, cet argent là il est à nous ! C’est l’argent des contribuables. Si on n’avait pas donné ces 9 milliards, on pourrait faire 1/3 de plus pour la France. Ça c’est la réalité", ajoute-t-il.
Le délégué départemental de l’UPR perçoit l’Union européenne comme "un monstre" composé de "fonctionnaires qui ne produisent que des normes qui sont en train de tuer les états" et "ignore l’intérêt des peuples. M.Asselineau est le seul à dénoncer cela", affirme l’ancien policier.
Selon lui, cette "entité supranationale monstrueuse qui broye les nations, qui broye les peuples comme l’était en son temps l’URSS, sert les intérêts des Etats-Unis et des oligarques qui voient l’Union européenne comme un vaste marché, une variable d’ajustement économique" où l’immigration arrange bien certaines affaires pour "faire chuter la valeur travail". Il en tient pour preuve la façon dont Giorgia Meloni, Première ministre italienne, a dû plier face aux directives de l'Europe alors qu’elle avait été élue sur un programme migratoire très ferme.
A ceux qui demeurent frileux à l’idée d’une sortie de l’UE, Florian Binet en appelle ainsi au bon sens. "S’il faut appartenir à l’Union européenne pour vivre, comment font les Britanniques depuis trois ans ? ironise-t-il. Autre exemple, l’Islande, avec ses 370 000 habitants, a refusé, en 2013, d’entrer dans l’Union européenne. Aujourd’hui ça marche très bien pour elle", observe-t-il en prônant "la règle d’une nation = une monnaie" car, avec "l’Europe c’est 27 pays qui n’ont pas la même histoire, pas la même culture, pas la même langue, pas la même économie, pas les mêmes traditions, origines, et qu’on veut agglomérer comme l’URSS. On a vu ce que ça a donné...".
Toujours dans le registre des paramètres à calculer pour une éventuelle sortie de l’UE, le délégué départemental de l’Union populaire républicaine rappelle que la France dispose de centaines de traités avec tous les pays du monde. "Si on sort de l’Europe, on ne sera pas isolé", lance-t-il à ceux qui en douteraient. Si ses arguments en faveur d'une France souveraine venaient à ne pas suffire, c'est François Asselineau 'himself' qui devrait faire le job ici même dans la dernière ligne droite avant le 6 juin, premier jour de vote dans les 27 pays.

Le 20 octobre, Florian Binet s’est entretenu avec François Asselineau à Orléans pour évoquer l'ouverture d'une délégation UPR à La Réunion


