Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

L'union de la gauche, un contrat vivant

Ecrit par zinfos974 – le lundi 21 septembre 2009 à 10H29

Aucune image à la une trouvée pour cet article.

Mais qui sont les briseurs d’union de la gauche ? Voilà une question qui mérite d’être discutée, à condition de se placer ouvertement dans toute la réalité de la situation. Ici ou là il aura toujours des partisans d’une certaine application de cette stratégie qui ne manqueront d’avancer comme seul argument l’anticommunisme qu’ils voient toujours chez ceux qui ne les suivent pas complètement dans leur analyse.

L’union de la gauche est une stratégie qui s’appuie sur la reconnaissance pleine et entière du pluralisme à gauche. Mais pour en discuter valablement, il faut partir de ce que l’on a appelé le frontisme qui n’est plus proclamé ouvertement aujourd’hui, mais qui reste malgré tout en arrière plan. Une précision d’actualité s’impose tout de suite : le front de gauche que tente de mettre en place Marie-Georges Buffet pour les régionales de 2 010 n’en est qu’un vague souvenir après l’effondrement du PCF. Par le frontisme, les communistes, alors au sommet de leur popularité exigeaient que tous ceux qui se réclamaient de la gauche, voire les "démocrates sincères", les autres ne l’étant point sans doute, se missent derrière leur parti pour battre la droite. Autrement, ils ne pouvaient prétendre s’inscrire valablement dans la gauche. Mais ce temps est passé, et le PS et François Mitterrand y ont été pour quelque chose.

L’union, elle, est un contrat entre deux ou plusieurs partis qui partagent un certain nombre de valeurs fortes ; un contrat qui part d’un rapport de force appelé à évoluer au bénéfice de l’un ou l’autre des contractants, les communistes à une certaine époque préféraient un "Yalta" sur une situation qui les avantageait. Et en cas de victoire, tous les participants en retiraient des bénéfices ; en cas de défaite, il s’en trouvait toujours pour s’arranger à tout mettre sur le dos de l’autre.

Aujourd’hui, cette stratégie d’union de la gauche est plus cool. Il n’y a plus de crime idéologique, stratégique ou tactique à y aller sous sa propre bannière au premier tour, c’est devenu la pratique générale. Chacun cultive d’abord son jardin avant de voir ce qu’il peut apporter à ceux des autres.
Mais il arrive encore qu’une ligne de fond reste active : faire porter à l’autre, par avance, l’échec possible, et en cas de victoire minimiser son apport. Sans compter que la responsabilité est parfois qualifiée d’historique, il y en a toujours qui s’estiment être les seuls à savoir apprécier le poids de l’Histoire. Ce jeu-là ne sert pas la politique, qui consiste, certes, à gagner des batailles électorales mais aussi à réussir une toujours difficile gestion au bénéfice de toute la population. D’autant qu’il est pratiquement impossible aujourd’hui pour un parti d’être majoritaire à lui tout seul. Aussi, il est préférable de juger de la responsabilité des uns et des autres non pas sur un petit segment de la question de l’union mais plus largement, en partant de l’élément qui la dynamise à coup sûr : celui qui délibérément n’intègre pas convenablement les positions d’une autre composante possible de l’union porte déjà une part non négligeable de l’échec possible ; à plus forte raison s’il estime pouvoir se passer de l’apport de cette composante, en claironnant partout qu’elle ne représente rien politiquement et électoralement. C’est alors un pari, qu’il peut gagner ou perdre, mais qui de toute façon est de sa seule responsabilité. Le temps n’est plus, en raison du développement de la communication, où à grands coups de propagande il était possible d’effacer dans l’opinion les erreurs faites souvent parce que l’on ne veut pas partager la réalité de la prise des décisions essentielles.

Et, pour que l’union soit durablement profitable à toute la population, il appartient au groupe qui la conduit de veiller à la faire vivre en travaillant aux synthèses qui l’enrichissent mais qui ne suppriment pas pour autant la concurrence entre ses composantes. C’est un chemin qui est difficile, mais la démocratie est toujours gagnante au bout.

Aimé LEBON, Bois de Nèfles Saint-Paul.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :