Revenir à la rubrique : Economie

L’ORTPE réclame un plan d’urgence pour sauver les très petites entreprises réunionnaises

Ecrit par N.P. – le mercredi 9 juillet 2025 à 17H45
Younous Adame, président de l’ORTPE

Dans une contribution adressée au ministre des Outre-mer, l’Organisation Réunionnaise des Très Petites Entreprises (ORTPE) formule une série de propositions concrètes en amont du CIOM. Objectif : relancer l’économie locale en soutenant les TPE, maillon essentiel du tissu économique réunionnais.

À l’approche du Comité interministériel des Outre-mer (CIOM) prévu ce 10 juillet, l’Organisation Réunionnaise des Très Petites Entreprises (ORTPE) a adressé un courrier au ministre Manuel Valls pour faire entendre la voix des TPE, « premières pourvoyeuses d’emplois » sur l’île. Dans cette contribution datée du 8 juillet, l’ORTPE appelle à des décisions fortes pour enrayer la disparition de ces structures clés, et présente plusieurs axes de réforme articulés autour de six priorités.

Premier cheval de bataille : la protection du commerce de proximité. L’ORTPE dénonce l’expansion « incontrôlée » des grandes surfaces en périphérie, synonyme de désertification des centres-villes. Elle demande un moratoire sur les projets de nouveaux centres commerciaux, soutenu notamment par la maire de Saint-Denis Ericka Bareigts, et appelle à la création d’un schéma régional du commerce et des TPE.

« Renforcer les contrôles de l’Autorité de la concurrence »

Sur le front des charges fiscales et sociales, l’organisation demande un assouplissement majeur des règles, notamment des échéanciers pouvant aller jusqu’à 84 mois pour le paiement des cotisations sociales. Elle déplore que « de petits entrepreneurs soient acculés pour quelques centaines d’euros » tandis que des grandes enseignes obtiennent des allègements. L’ORTPE souhaite également un élargissement de l’exonération LODEOM et une réforme de l’octroi de mer pour alléger le coût des intrants.

Concernant l’investissement, l’organisation salue le prêt Relance Bpifrance mais critique ses critères d’accès jugés trop restrictifs. Elle propose la création d’un fonds régional dédié aux TPE, alimenté par la Région et d’autres institutions, pour financer la modernisation et la transition énergétique de ces entreprises.

Autre priorité : l’accès aux locaux professionnels. L’ORTPE demande la mise en place de « zones TPE » et d’espaces modulaires à loyers modérés dans les ZAE et les centres-villes, en s’inspirant des EcoBox existants dans certaines communes.

La question des monopoles est également centrale. L’organisation pointe la concentration des secteurs de la grande distribution et du transport maritime, qui nuit aux petits acteurs. Elle appelle à « renforcer les contrôles de l’Autorité de la concurrence », à faire appliquer la loi Lurel de 2012 sur les clauses d’exclusivité, et à ouvrir le fret maritime à plus de compétiteurs.

Enfin, l’ORTPE mise aussi sur le levier culturel et touristique des fêtes populaires. Elle demande un soutien accru des collectivités à ces événements qui font vivre plus de 4 500 TPE, et propose la création d’une « Fête du Commerce de Proximité » dans toutes les communes.

Le président de l’ORTPE, Younous Adame, appelle l’État à co-construire un véritable « Schéma régional des TPE et du commerce de proximité », absent jusqu’à présent, afin de structurer un développement plus équilibré et respectueux du tissu local. « Préserver nos TPE aujourd’hui, c’est éviter une catastrophe sociale demain », conclut-il, exhortant l’État à agir sans tarder.

Lire aussi : L'ORTPE tire la sonnette d'alarme sur la situation critique des TPE

Etiquettes : CIOM

Dans la même rubrique

0💬
Tri :