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L'organisation de notre corps, vers une symbiose science de la vie et sciences humaines

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 24 octobre 2021 à 08H07

Complétant les travaux de LAMARCK et DARWIN,  et plus récemment avec Lynn MARGULIS (1938-2011) - qui évoqua la probable organisation endosymbiotique du vivant et particulièrement du corps humain - nous avions une vision, certes dynamique et transformiste, du corps humain et de ses innombrables composants et structures, lesquels agencent le corps humain. Mais nous n’avions pas vraiment perçu objectivement l’influence de l’attraction terrestre sur nos organismes. Les témoignages de treize astronautes, dont Thomas PESQUET, viennent enrichir notre réflexion.  Séjournant dans un environnement d’apesanteur, ils auront tous ressenti leur organisme se modifier, selon des délais qui tendent à prouver que nous serions fondamentalement « plastiques »… dans une certaine mesure ; adaptables potentiellement. Mais ce n’est pas évident comme nous allons le voir ! Pourquoi ? Certains scientifiques étudient et imaginent l’adaptabilité de futurs voyageurs pour atteindre la planète Mars, dont le voyage devrait durer trois ans. Conscients de ces limites adaptatives, ils recherchent des  stratégies pour mieux les repousser.

C’est un reportage diffusé sur France 5, réalisé par Jean-Christophe Ribot (France 2018) et rediffusé sur France 5 le 21/10/21, qui nous apporte un complément d’information. Il aura aussi l’avantage de tendre à prouver l’unité symbiotique corps-esprit déjà avancée par Lynn Margulis, mais ce n’est pas tout !

En état d’apesanteur, les astronautes doivent soumettre leur organisme, particulièrement leur physiologie, à des contraintes récupératrices pour compenser les modifications physiologiques générées par l’absence d’attraction  terrestre. Ceci devrait mettre en évidence déductivement le vitalisme adaptatif qui est le nôtre sur terre. Le vivant s’est assemblé par symbiose durant plus de trois milliards années, se transformant suivant la formule, toujours guidante pour nos esprits, « par hasard et nécessité ». Nos organismes furent ainsi progressivement adaptés aux lois de la pesanteur terrestre.

On rappellera que de tous les êtres vivants, seul Homo Sapiens s’est redressé du fait de sa bipédie, ce qui contribua de façon déterminante à sa différenciation d’avec les grands singes avec un cortex plus volumineux et permit l’émergence de la parole et du langage.

Les  termes d’émergence vitale ou  de vitalisme rendent compte de cette transformation. Il n’y a pas lieu ici de recenser toutes les critiques qui furent avancées sur cette perception défendue par certains, attaquée par d’autres. Notons que le Professeur de philosophie Pascal NOUVEL, de l’Université Paul Valéry à Montpellier,  est en voie de contribuer à « Repenser le vitalisme » ouvrage collectif, aux Éditions PUF, Paris, 2011. Voir en ce qui nous concerne : « Une vielle idée neuve, le vitalisme, ou « quand mi tombe, mi lève », le 17/08/2018, soulevée sur l’île de La Réunion. 

Comme un brin tiré d’un écheveau en entraîne d’autres, le vitalisme réhabilité rendrait  possible une nouvelle vision non seulement de la physiologie humaine mais aussi du psychisme qui enacte très souvent des « rêves »dont les dynamismes  prennent la forme de vols ou d’ascensions de montagnes. Gaston BACHELARD (1884-1932) avait inlassablement attiré l’attention de ses contemporains (voir notamment l’ouvrage  «L’Air et les Songes, Essai sur l’imagination du mouvement », Le Livre de Poche, 1943).

Le dynamisme vital de cette nouvelle réalité devrait nous rapprocher de l’étude  des impulsions enactantes des « rêves » selon l’épistémologie de la pulsion individuante et transcendante du vivant caractérisant la psychologie du psychanalyste Carl Gustav JUNG. Celle-ci se verrait scientifiquement fondée. Sciences de la vie et sciences humaines devraient se rassembler en symbiose fonctionnelle. 

D’autres conséquences seront attendues, ainsi la réforme des études médicales : voir « Le déclic de l’humanisation. La bipédie, et… Pourquoi Henri Laborit avait-il raison ?», in le site Web d’« Europe solidaire », le 1/04/2021.

La formation des psychologues et la métamorphose de leurs pratiques soignantes devraient suivre. La liste n’est pas clause. La façon dont nous élevons nos enfants, aussi, en transitant par des prises de conscience des « nouveaux parents », évoluerait aussi.
Ces réformes radicales devraient se réaliser tôt ou tard.

Frédéric Paulus, CEVOI, Centre d’Etudes du Vivant de l’Océan Indien, le 22/10/2021.

 

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