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L’impertinence devient péché mortel (comme le boogie woogie…) : Faut pas faire un doigt d’honneur à Macron !

Correctionnelle du Mardi 1er Septembre 2020 - On a cru à la chasse à un dangereux criminel devant le Palais de Justice de Champ-Fleuri, cet après-midi. Pas moins de cinq fourgons de la Police nationale, d’où se sont extraits au moins vingt-cinq fonctionnaires en tenue. Diable ! Diable ! me dis-je en me tâtant la grête. Oups ! En me grattant la tête, pour plagier Pierre Repp. Paya bis-ter ? Sitarane style « I’ll be back » ? De dangereux terroristes venus exploser le Théâtre de Champ-Fleuri en face ? Il est vrai qu’on y cultive souvent un humour dérangeant…

Ecrit par – le mardi 01 septembre 2020 à 17H50

Rien de tout ça ; il n’y avait qu’un dangereux terroriste, un seul, qui risquait au minimum la guillotine. Pour avoir osé manquer de respect au personnage le plus aimé de la République, le président Macron.

Une affaire d’une immense stupidité !

Les policiers, soit-dit en passant, conscients que leur présence en surnombre au tribunal, obérait largement leur temps de travail (déjà surchargé, tout le monde le sait), ont respectueusement demandé au président Molié s’il était possible que l’affaire fût jugée séance tenante ; qu’ils puissent vite retourner se faire caillasser au Chaudron. Monsieur Molié, homme d’une touchante bonne volonté, y a consenti sans peine.

C’est ainsi que fut vite jugée une affaire d’une stupidité sans mélange.

On se demande, devant la diminution des budgets de la Justice française, pourquoi cette affaire est arrivée à la barre : un bon coup de pied aux fesses eût été largement suffisant. Mais il y a des choses qu’on n’a plus le droit de faire.

Résumons : lors de la dernière arrivée à Gillot d’Emmanuel Macron chez nous, en 2019, Gilets Jaunes survoltés on sait pourquoi, le jeune Clément P. a une idée originale. Il chipe un portrait officiel du Président dans une mairie, ou au Conseil des Généraux, ou à la Pyramide des fous, bref, les seuls endroits où ils sont offerts à la concupiscence de tous.
Lors de l’arrivée macronesque, il brûle le portrait devant les caméras de ses potes et, devant ces mêmes caméras, adresse un vigoureux doigt d’honneur à la caméra (mais on subodore que c’est au macronesque occupant de l’Elysée qu’il est destiné). Les images sont illico répercutées sur Internet.

En 1789, on était guillotiné pour moins que ça. Il a de la chance, Clément, il peut saluer Badinter.

La salissure des symboles

« Je ne savais pas que c’était un portrait officiel… Je ne savais pas qu’il était interdit d’y mettre le feu… »

Quand on voit ce jeune incohérent de vingt ans à la barre, visage poupin, propre sur lui, effectivement, on se doute bien qu’il était totalement inconscient de la portée de ses actes.

Voilà ! C’est exactement tout ce à quoi se résume cette désolante affaire qui coûte de l’argent au contribuable et va faire rigoler toute la planète. Car c’est bien beau de se foutre des palinodies de Trump, des incohérences de Boris, de la connerie de Bolsonaro, mais… quand ou grimpe dan’ pied d’zévis, engarde si out’ ki lé prop’ ! 

Madame la Procureure, dont la charge ingrate consiste à défendre les droits de la société, a parlé de la « salissure des symboles de la République » ; puis insisté sur le fait que le portrait « officiel » du Président n’avait pu être que volé ; et que le doigt d’honneur et l’incendie du portrait constituaient des outrages avérés. Et de réclamer 4 mois avec sursis assortis d’un stage de citoyenneté. 
Le tribunal a suivi ces réquisitions.

Commentaire très personnel (j’assume seul et volontiers mes propos) :

Quatre mois avec sursis parce que le portrait était « officiel »… Et s’il ne s’agissait que d’une photo anonyme, il était relaxé ?

Je me souviens d’une affaire judiciaire de la même farine, voici une trentaine d’années. Devant le tribunal de Saint-Pierre, en signe évident de provocation, Danyel Waro, indépendantiste confirmé, avait brûlé un drapeau français. Il n’avait pas eu droit au sursis, lui.
Quatre mois pour un doigt d’honneur ; et huit mois pour le bras du même nom alors ?

Combien pour un Premier ministre ? Pour un personnage aussi vénéré que l’actuel ministre de l’Intérieur ?

Il y a une chose qui me révolte, c’est la négation de notre droit à l’impertinence. Notre culture française est totalement imprégnée d’irrévérence. Voltaire, Hugo, Guitry, Rabelais, Amin Maalouf and so on, nos plus illustres écrivains français, sont titulaires d’un droit d’insolence reconnu hors de nos frontières. Va-t-on les interdire de librairie ? De ce droit séculaire à l’insolence. Tout ce droit est foutu à la poubelle ?

« Et moi et moi et moi ? » Moi qui écris si souvent le nom du Président en mettant son « n » final entre parenthèses… on m’expédie aux Kerguelen ?

L’ironie française, associée au moucatage bien créole, l’insolence, la dérision, le droit de se foutre de la gueule de l’autre, fût-il président, on ne nous l’ôtera jamais !

Et s’il n’en reste qu’un…

 

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