Les larves mangeuses de plastique : Une solution pour nos déchets ?

Une équipe de chercheurs de Cambridge a révélé que la larve [Galleria Mellonella]url:https://fr.wikipedia.org/wiki/Galleria_mellonella , qui se nourrit de cire d’abeille, est capable d’ingérer du [polyéthylène]url:https://fr.wikipedia.org/wiki/Poly%C3%A9thyl%C3%A8ne (PE), utilisé dans la fabrication de 40% des emballages dans le monde. La chaîne carbone du PE est dégradée et se recombine en éthylène glycol. De plus, la larve dégrade le plastique plus rapidement que les autres méthodes étudiées actuellement. On aurait ainsi trouvé la solution face aux déchets de plastique…
Enfin presque… Car si cette larve a un gros potentiel, une question demeure : savoir si la dégradation du plastique provient de la larve ou bien des bactéries de ses entrailles par exemple. Dans le premier cas, il faudrait élever un nombre astronomique de larves pour dégrader suffisamment de plastique, or, ces larves sont nuisibles pour la cire d’abeilles. Dans le second cas, il faudrait isoler la bactérie responsable de la dégradation, puis isoler l’enzyme s’attaquant au PE, puis trouver un moyen de produire cette enzyme en grande quantité. C’est un procédé complexe mais parfaitement réalisable, comme l’a récemment démontré l’entreprise française Carbios.
Cette solution reste imparfaite car le produit de la dégradation, [l’éthylène glycol]url:https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89thyl%C3%A8ne_glycol , est toxique, un polluant que l’on n’aimerait pas trop voir dans nos océans.
A ce propos, l’expédition « septième continent » rapporte le résultat suivant : des micro-organismes, certains pathogènes, utilisent ces déchets plastiques comme embarcation, parfois sur des milliers de km. On a un temps espéré qu’ils dégraderaient leur esquif, en fait il n’en est rien. Mais ces bactéries colonisent réellement les océans et pourraient déséquilibrer leurs écosystèmes.
La solution n’est pas au point : bien qu’elle suscite l’enthousiasme, elle suppose des années de recherche et passe sous silence de nombreux verrous technologiques ou environnementaux. Or, la production de plastique augmente chaque jour, les continents de plastique dans les océans s’accroissent et participent chaque année à rendre notre écosystème planétaire plus instable.
La solution ne serait-elle pas plutôt d’éviter de produire du plastique ? [L’Association Initiatives Dionysiennes]url:http://www.aid97400.lautre.net/ participe aux alternatives qui existent déjà et enthousiasment de plus en plus de personnes, attirées par un mode de consommation respectueux de l’environnement et de la santé : le « Zéro Déchet » qui applique la règle des « 3R » (Réduire, Réutiliser, Recycler). Pour l’alimentaire, on privilégiera les produits en vrac, des emballages réutilisables ; pour les produits d’équipement, les produits éco-conçus qui s’inscrivent dans la logique de l’économie circulaire, soit des produits réparables, évolutifs, modulables, sobres et recyclables.
En bref, repenser ses besoins, diminuer le gaspillage et être sobre. Si la solution miracle au plastique n’existe pas, on peut davantage attendre qu’elle vienne de nous plutôt que des larves !


