Revenir à la rubrique : Social | Société

Les inspecteurs du permis de conduire en grève

Les fonctionnaires habilités à attribuer les permis de conduire refusent les politiques d'harmonisation des taux d'obtention et dénoncent les menaces de licenciement qui pèsent sur certains de leurs collègues.
Ecrit par T.L. – le jeudi 17 octobre 2024 à 15H10

À La Réunion, 19 inspecteurs (sur 1.400 au plan national) du permis de conduire et de la sécurité routière (IPCSR) sont habilités à attribuer le précieux sésame lors d'un examen que de nombreux apprentis conducteurs redoutent.

Ce jeudi 17 octobre, des inspecteurs de l'île, fonctionnaires d’État rattachés à la DEAL, auraient suivi un appel à la grève nationale du Syndicat national des inspecteurs cadres et administratifs Force ouvrière (Snica-FO). Le mouvement s'appuie sur deux principales revendications : « l’arrêt immédiat de toute initiative, locale ou nationale, visant à harmoniser les taux de délivrance du permis de conduire » et l'exigence d'un «moratoire sur les audits quinquennaux accompagné de travaux visant à réformer le dispositif d’assurance de la qualité, notamment par la mise en place d’une formation continue respectueuse des objectifs de la directive de 2006. »

Selon Stéphane Amy, délégué départemental Snica-FO, le taux de réussite au permis de conduire dans l'île se situerait à 55% et serait sensiblement identique à celui de la moyenne nationale. Mais pour les départements où le taux de réussite serait trop bas, la Délégation nationale à la sécurité routière envisage d'engager des missions d'appui au cours desquelles les inspecteurs seront audités par un panel composé notamment de moniteurs d'auto-écoles.

« Augmenter le taux de réussite, on est tous d'accord »

Un comble pour les inspecteurs, qui ne comprennent pas que la remise en cause des mauvais taux de réussite repose uniquement sur le questionnement de leurs propres compétences, quand les moniteurs d'auto-écoles, eux, ne seraient jamais évalués.

« Augmenter le taux de réussite, on est tous d'accord », assure Stéphane Amy, tout en pointant une dérive de l'examen du code, en indiquant qu'une estimation de son syndicat évaluerait la fraude à 40% en région parisienne. « Auparavant, c'étaient les inspecteurs qui faisaient passer l'examen du code, maintenant c'est une mission détachée qui peut se dérouler dans les Postes ou les Contrôles techniques agréés. Si tout le monde passait son code sans tricher, le taux de réussite serait plus élevé. »

Si le Snica-FO ne conteste pas le principe d'un outil d'évaluation déjà opérationnel, dénommé dispositif d'assurance de la qualité, le syndicat s'offusque qu'il puisse déboucher sur une procédure de licenciement contre un inspecteur, fonctionnaire d’État qui plus est, qui aurait reçu deux avis défavorables d'affilée. À La Réunion, trois inspecteurs auraient d'ores et déjà reçu un premier avis défavorable et seraient sous le couperet d'un licenciement en cas de seconde évaluation négative.

« Nous sommes audités tous les ans par notre hiérarchie locale, tous les cinq ans par le national. Mais il n'y a pas de formation continue annuelle. Nous voulons des audits quinquennaux qui maintiennent le niveau d'expertise et une formation continue à la hauteur des enjeux », martèle le délégué départemental du Snica-FO.

Etiquettes : Grève

Dans la même rubrique

0💬
Tri :