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Les élus de Saint-Joseph voient rouge et sortent "le livre noir" de la Casud

Les élus de Saint-Joseph ont organisé une conférence de presse ce lundi 20 novembre afin de présenter le "Livre Noir" de la Casud. Ce fascicule recense les dysfonctionnements de la majorité qu'ils ont relevés au sein de l'intercommunalité du sud. Une nouvelle passe d'armes entre deux les camps où chaque domaine de compétence de la collectivité fait naître un nouveau casus belli.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le lundi 20 novembre 2023 à 16H44

Si le biopic sur Napoléon doit sortir cette semaine dans l'île, c'est bien dans le sud de l'île qu'a eu lieu un coup de Trafalgar ce lundi matin. La guerre des chefs entre Patrick Lebreton et André Thien Ah Koon au sein de la Casud vient de franchir un nouveau cap qui pourrait bien être le point de non-retour.

Si le maire de Saint-Joseph n'est pas personnellement venu, la députée Emeline K/Bidi et les conseillers communautaires déchus avaient largement de quoi rouvrir les hostilités avec le président de la Casud. Les élus saint-joséphois sont arrivés avec un numéro hors-série de "Saint-Jo le mag" au nom plus qu'évocateur : Casud, le Livre Noir.

Dans ce dossier de 8 pages, l'opposition communautaire a listé tous les dysfonctionnements qu'elle a relevés depuis la création de l'intercommunalité en 2010. Entre la gouvernance, les finances, les ressources humaines, l'économie, l'eau ou encore le traitement des déchets, chaque domaine de compétences fait l'objet de critiques de la part des représentants de la majorité municipale de Saint-Joseph.

La gouvernance et les finances dans le viseur

Les griefs du clan Lebreton commencent évidemment par la gouvernance du président de la Casud. Ils dénoncent le retrait de délégations de trois vice-présidences à la majorité municipale saint-joséphoise, ainsi que leur éviction de la Sodegis et du SMEP SCoT Grand Sud. "C'est un manque de démocratie criant dont les habitants de Saint-Joseph sont les victimes", s'insurge Emeline K/Bidi.

La députée poursuit en affirmant que la présidence de l'intercommunalité n'a "pas de vision, pas de plan, pas de route". Elle souligne qu'il n'y a eu aucun projet de territoire pour la période 2020-23 et que celui adopté sans Saint-Joseph pour la période 2023-26 est "sans vision". Emeline K/Bidi ajoute qu'il en est de même pour le Plan Pluriannuel d'investissement (PPI) 2023-2030, le Pacte de gouvernance et le Pacte fiscal et financier.

Les élus saint-joséphois pointent également du doigt les finances de la Casud. Après avoir dénoncé des gabegies financières comme l'avenant irrégulier de 1,4 million pour la nouvelle gare routière du Tampon ou les frais de justice des plaintes du président de la Casud, les opposants annoncent que ce sont les citoyens qui vont passer à la caisse pour les mauvaises décisions.

Ils évoquent des suspicions de "cavalerie" budgétaire et un taux de réalisation des investissements très faible sur le budget principal et les budgets annexes de l'eau et de l'assainissement collectif. "On ne veut pointer du doigt que ce que la Chambre régionale des comptes (CRC) a déjà mis en lumière. Il y a des irrégularités graves. L'impact du fonctionnaire communautaire se fait ressentir par la population", argue la députée qui dénonce une logique "boutiquière".

La source du conflit

Parmi les élus écartés de la vice-présidence, Henri-Claude Huet est revenu sur la source du conflit opposant Patrick Lebreton à André Thien Ah Koon. Il affirme que la haine de ce dernier pour son rival ne date pas de l'élection du président en 2020, mais a une origine bien antérieure. "En avril 2015, TAK a voulu faire mettre la Casud sous tutelle en votant un budget déséquilibré. Il a été empêché par Lebreton qui a réussi à faire voter un budget équilibré. Depuis ça, il lui voue une haine tenace."

Henri-Claude Huet affirme que Saint-Joseph est devenu le parent pauvre de l'Intercommunalité, où les projets sont toujours en cours. "Quand il y a des investissements dans les autres communes, chez nous, les projets sont toujours 'en réflexion'. Bref, chez nous, on réfléchit plus qu'ailleurs."

C'est d'ailleurs sur le sujet de l'eau et de l'assainissement que cette discrimination est la plus criante selon les élus saint-joséphois. Ils dénoncent une dégradation des réseaux d'eau potable sur la ville et des travaux toujours retardés. Le niveau de rendement est passé de 65 % en 2010 à 49 % actuellement. Une situation qui oblige à refuser des permis de construire dans le secteur de la Crête.

Surtout, ils regrettent le contrat de concession signé avec la SAUR dont le montant en cas de rupture s'élevait à 18 millions d'euros en 2013, avant de devenir dégressif et de s'établir à 13 millions d'euros en 2028. 

"On ne peut plus prendre de claques pour eux"

La gestion des déchets est également au cœur des dénonciations. Les élus s'étonnent qu'avec un nombre d'habitants en hausse, le tonnage des déchets collectés et traités soient en baisse. "Où sont passés ces déchets ? C'est très inquiétant", s'inquiète Axel Vienne, adjoint à la mairie de Saint-Joseph. Les Saint-Josephois dénoncent une "tentative d'Anchluss" (annexion) de la ZAC les Terrass par la Casud qui souhaiterait, selon eux, y installer une déchetterie.

Côté ressources humaines, les opposants mettent en avant le recours de plus en plus important aux contrats aidés et aux contractuels au détriment des titulaires, tandis que la masse salariale augmente et que la qualité des services diminue. "À qui cela profite, si ce n'est qu'un petit groupe de fonctionnaire ?", dénonce Axel Vienne qui rappelle que la CRC a constater des irrégularités sur la rémunération de deux collaborateurs du président.

"La Casud n'est pas à portée de claques des habitants, contrairement à nous les élus municipaux. Ce livre noir est né du sentiment qu'on ne peut plus prendre de claques pour eux. Nous sommes évincés de toutes les décisions. Notre mission, c'est donc d'informer la population"conclut Emeline K/Bidi.

 

Etiquettes : CASUD | Saint-Joseph

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