Les consultations de Lecornu débutent dans un climat de défiance

Deux jours pour convaincre : Sébastien Lecornu a entamé ce mardi à Matignon une série d’entretiens avec les représentants des partis. Il doit dire à Emmanuel Macron, d’ici mercredi soir, si un compromis reste possible ou si la dissolution s’impose.
Ce mardi 7 octobre, à 9 heures, Sébastien Lecornu ouvre à Matignon une séquence express pour tester un compromis et dire, d’ici mercredi soir, s’il existe encore une majorité d’action. À gauche, Matignon est revendiqué. À droite, on temporise sous haute tension. Dans la majorité, Gabriel Attal bouscule la méthode. Le RN réclame un retour immédiat aux urnes.
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Mission impossible ? À la demande d’Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu, Premier ministre démissionnaire, lance ce mardi 7 octobre à 9 heures une série de consultations à Matignon avec les forces du « socle commun », cette alliance fragile entre la majorité présidentielle et Les Républicains dont l’implosion a précipité sa chute. Objectif : présenter d’ici mercredi soir une « plateforme d’action et de stabilité » ou constater l’impasse. Autour de la table : Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, et Gérard Larcher, président du Sénat. Absent notable : Bruno Retailleau, qui privilégie des échanges en tête-à-tête. En coulisses, l’Élysée fait savoir que le chef de l’État est prêt à « prendre [ses] responsabilités » si la négociation échoue.
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Depuis lundi 6 octobre au soir, chaque camp a sorti sa ligne. À gauche, le Parti socialiste s’affirme en candidat au pouvoir : Olivier Faure appelle le président à « accepter la composition du Parlement telle que voulue en 2024 » et dit le PS « disponible » pour Matignon, sans 49.3, en cherchant des majorités texte par texte — y compris pour rouvrir le dossier des retraites. Dans le même temps, le PS refuse une réunion commune « en présence de LFI », assumant la rupture politique avec les insoumis. Le PCF juge, lui, qu’un cabinet de gauche pourrait éviter une censure si la majorité présidentielle préfère la stabilité à une dissolution. Les écologistes poussent à une dynamique unitaire « prête à gouverner », tout en admettant qu’une dissolution demeure possible faute d’accord. De son côté, LFI tente de relancer un cadre de coordination façon Nupes/NFP et presse ses partenaires de s’asseoir autour d’une même table « dès ce mardi ».
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Des allures de crash-test institutionnel
À droite, LR a quitté le gouvernement mais ne bascule pas officiellement dans l’opposition. Bruno Retailleau fustige un « problème de confiance », exclut une dissolution immédiate et promet une censure si Matignon revenait à la gauche. Dans les rangs républicains, la ligne Wauquiez appelle à la rupture nette avec les macronistes quand d’autres préfèrent préserver des canaux, redoutant un chaos parlementaire. La porte-parole Agnès Evren évoque un « casting vécu comme une douche froide » et dit « la confiance rompue ».
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La majorité, elle, encaisse la séquence. Sur TF1 lundi soir, Gabriel Attal a publiquement bousculé la stratégie présidentielle : il dit « ne plus comprendre » certaines décisions depuis la dissolution de juin 2024 et réclame la nomination d’un négociateur indépendant des partis pour sceller un compromis de fond avant le casting. À l’Assemblée, il appelle à « partager le pouvoir », convaincu que « le pouvoir est au Parlement ». MoDem et Horizons restent arrimés au navire quand l’UDI a claqué la porte du socle.
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Le Rassemblement national, enfin, maintient sa ligne d’airain : dissolution « incontournable » pour Marine Le Pen, « retour aux urnes » immédiat pour Jordan Bardella, et pression conjointe avec l’allié Éric Ciotti qui dénonce une « fin agonisante » du quinquennat.
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Les députés RN-Ciotti promettent de censurer tout gouvernement qui n’incarnerait pas une rupture nette. Au fil des heures, la séquence prend des allures de crash-test institutionnel. La motion de destitution déposée par la gauche doit être examinée mercredi par le bureau de l’Assemblée — une procédure à l’issue très incertaine.
Pendant ce temps, Bruno Le Maire a formalisé le transfert de ses attributions aux Armées vers Sébastien Lecornu, le temps des ultimes tractations. « Derniers messages d’un monde politique qui s’accroche », raille Marine Tondelier. Reste 48 heures à Matignon pour trouver une voie étroite entre dissolution, démission ou improbable compromis.


