À Gauche, entre ambition de gouverner et fractures persistantes

Le Parti socialiste se dit prêt à prendre la tête d’un gouvernement sans 49.3, mais refuse toute réunion commune avec LFI. Les écologistes appellent à l’unité, tandis que les communistes plaident une solution de stabilité sans dissolution.
Le départ de Sébastien Lecornu a agi comme un révélateur. Lundi 6 octobre au soir, Olivier Faure a appelé Emmanuel Macron à « accepter la composition du Parlement » issue des législatives de juin 2024 : pour le premier secrétaire du PS, les Français ont « priorisé la gauche » et « refusé l’extrême droite au pouvoir ». Le PS veut un Premier ministre de gauche, « ouvert aux compromis », qui proscrive le 49.3 et travaille majorité par majorité. Sur les retraites, Faure revendique la possibilité de « reprendre la discussion », quitte à rouvrir la question de l’âge légal. Dans la foulée, Boris Vallaud a précisé la méthode : « PS, écologistes, Place Publique, PCF » se disent prêts à exercer le pouvoir, à renoncer au 49.3 et à discuter de tout, « y compris de l’âge ».
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Une classe politique « accrochée comme une moule à son rocher »
Mais cet agenda a un prix politique : le PS a refusé de participer à une réunion de la gauche « en présence de LFI », jugeant « irresponsable » la voie de la destitution présidentielle défendue par Mélenchon. LFI, par la voix de Manuel Bompard, propose pourtant de réunir « dès mardi » les composantes fondatrices de la Nupes/NFP, revendiquant le soutien d’EELV, du groupe GDR et de Génération·s. Dilemme assumé : gouverner vite avec une majorité relative, au risque de froisser LFI ; ou retenter l’union au risque d’une paralysie sur les lignes rouges.
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Les écologistes cherchent un fil d’équilibre. Marine Tondelier parle d’une « fin de cycle » et d’une classe politique « accrochée comme une moule à son rocher », tout en plaidant pour « gouverner » si une majorité de projets existe. Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, pousse des bilatérales pour recréer de la confiance sans donner l’impression d’un front « EELV-LFI contre PS » ou l’inverse. Le PCF, porté par Ian Brossat, estime que la gauche pourrait éviter une censure : Renaissance n’aurait pas intérêt à précipiter une dissolution au risque d’un naufrage électoral.
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Dans ce tableau, la dissolution reste l’arme ultime : Fabien Roussel pose l’alternative « nommer la gauche ou retourner aux urnes ». Tout l’enjeu, pour la gauche, est désormais d’apparaître comme la solution de stabilité, pas comme un pari d’appareil — et de convaincre qu’un gouvernement sans 49.3 peut tenir pour voter un budget.
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