Rassemblement national : la dissolution comme seul horizon

Marine Le Pen et Jordan Bardella jugent la dissolution « inévitable » et appellent à un retour aux urnes. Le RN, épaulé par Éric Ciotti, promet de censurer tout gouvernement sans rupture avec la ligne actuelle.
Depuis l’annonce de la démission de Sébastien Lecornu, le Rassemblement national déroule son scénario. Marine Le Pen parle d’« une crise de régime » dont la « solution » est « entre les mains » du président : « démission » par « sens de l’État » ou « dissolution » jugée « irrémédiable ». Jordan Bardella confirme cette demande avec un « retour aux urnes » souhaité. Lundi soir, les députés RN se sont réunis pour « évaluer toutes les hypothèses », certains scénarios intégrant l’élection présidentielle anticipée — même si la séquence institutionnelle ne l’impose pas.
Lire aussi : Les consultations de Lecornu débutent dans un climat de défiance
L’allié Éric Ciotti alimente la pression en dénonçant une « mascarade » et « la fin agonisante de la Ve République de monsieur Macron » (sic), réclamant « l’élection » et promettant la censure de « tout gouvernement ».
Lire aussi : Édouard Philippe appelle à une présidentielle anticipée après l’adoption du budget
Le binôme RN-Ciotti assume une stratégie claire : provoquer le plus vite possible un clarificateur national en capitalisant sur la fatigue politique du pays. À seize mois de la présidentielle, l’appareil se dit mieux préparé qu’en 2024 pour éviter les ratés organisationnels et desserrer l’étau du « front républicain ».
Lire aussi : À Gauche, entre ambition de gouverner et fractures persistantes
Dans l’hémicycle, la doctrine est sans nuance : « S’il n’y a pas rupture, il y a censure », martèle Bardella. Autrement dit, même un cabinet technique survivrait difficilement à la première épreuve de force.
Lire aussi : Les Républicains à la croisée des chemins
À défaut de gouverner demain, le RN veut occuper tout l’espace de l’alternative — quitte à être l’artisan de la chute d’un exécutif déjà au bord de la dissolution.
Lire aussi : Gabriel Attal dit "ne plus comprendre" certaines décisions de l'Elysée


