Les Chroniques de Tonton Jules #50

Oté Ti-Angelo !
Non, ce n'est absolument pas un appel aux mânes de Luc Donat. Je voulais, avant de déverser mon fiel sur la connerie ambiante, saluer un mec bien, vraiment très bien, le regretté Angélo Lauret. Parole « d'anti-communiste primaire et viscéral », ainsi que me qualifiaient ses propres amis du PCR ; lesquels faisaient mine d'ignorer superbement les relations très détendues, voire amicales, qu'Angélo Lauret entretenait avec la presse de droite (le JIR) ou indépendante (le Quotidien). J'ai rarement constaté une telle force de travail : depuis très jeune dans ses champs, debout à quatre heures du matin, il a encore trouvé le temps de créer le syndicalisme agricole, de participer aux travaux du PCR et de présider aux destinées de la Chambre d'Agriculture. Tout en consacrant tout le temps nécessaire aux nombreuses sollicitations de la presse. Avec une simplicité et un entregent non feints. Un jour, je m'adressai à lui avec un très courtois « monsieur Lauret... » Il me stoppa net et avec ce sourire et cet hilarant accent qui étaient sa marque de fabrique, il m'a juste dit : « Hein, Bénard, appelle à mwin zus' Inzélo ! » C'était ça, Angélo, l'art de mettre ses interlocuteurs à l'aise. Car ce paysan, modèle d'entre les modèles du genre, sous ses dehors rustres, savait qu'il en imposait. Avec simplicité et humour souvent, avec gentillesse toujours. Sa puissance de travail plaidait pour lui ; et nous, les journaleux, que nous fussions ou pas de sa mouvance politique, éprouvions à son égard le plus profond respect. Que ce fût à la tête de la Chambre comme dans son syndicalisme agricole, il n'a jamais fait montre d'aucun sectarisme politique s'agissant de la défense du monde agricole ! Un jour, descendant de Montvert, je tombai pile sur Angélo, en panne, roue crevée et roue de secours à plate. « Mette out' roue d'secours dans le coffre, nalé jusqu'à la station ». Il me considéra avec son petit sourire malicieux, puis : « Ou la pas pèr fé rente in comminis' dans out' l'auto ? Koça out' camardes va dir' ? » Grosse rigolade et le tour fut joué. Je te salue, Angélo. Jusqu'à tantôt alorss', si ou veux bien.
Bolsonaro ou la monstruosité assumée
Trump voulait acheter le Groenland et envahir l'Iran. Duterte, le dictateur « choisi » (!) par les Philippins, recommande à ses troupes d'horreur de tirer à vue sur les contrevenants du couvre-feu. Poutine, avant le coromachin, a inventé le vaccin anti-opposant. Ben le fou de Brasilia a fait mieux. Bolsonaro, ce fou dangereux qu'est Bolsonaro, outre qu'il fout en l'air la forêt brésilienne dont nous sommes tous redevables de notre oxygène, réduit son peuple à ras-de-terre sans même qu'il s'en rende compte. Voici deux mois, il a dit devant caméras : « Le Brésil est en faillite et JE NE PEUX RIEN FAIRE ! » Personne n'a rien dit, aucun président du monde, pas même le FMI ; l'ONU encore moins. Les Brésiliens non plus. Z'ont pas intérêt à bouger : Bolsonaro a rétabli les Escadrons de la Mort : si tu remues un sourcil, je tire. Là, il vient de faire pire. Pour expliquer qu'il n'est pour rien dans le désastre du Coronavirus (un nombre de morts effarant), il a dit en public : « La situation vient du fait que ces connards (NDLA : les gouverneurs de provinces) ont instauré le couvre-feu ou le confinement ! » Là encore, on n'a entendu aucune protestation ni d'Etat ni mondiale. Il faut dire que si le Brésil est désormais détruit à 90%, il demeure le terrain d'expérimentation idéal pour les multinationales agro-alimentaires ou pharmaceutiques. Et ce sont elles qui dirigent cette foutue planète. Et ça ne peut finir que de deux façons. Soit on accepte et l'humanité disparaît dans moins de trente ans. Soit on refuse mais... ce sera violent. Aux armes citoyens !
Vegan ou pas Vegan ?
« Il n'est pire prosélyte qu'un néophyte ! » Je ne sais qui a dit ça mais ça fout la trouille : les véganistes sont encore pire que les macrobiotiques ; vous savez, ces gens qui ne bouffent que des céréales. Ils font ce qu'ils veulent, chacun sa m..., mais s'ils sont si prétendument heureux dans leur système de vie, pourquoi sont-ils en permanence de mauvaise humeur ? Surtout lorsqu'ils essaient de vous convaincre qu'ils ont raison et, comme ce sont de parfaits humanistes, ils ne font pas mystère du profond mépris qu'ils éprouvent à l'endroit de ceux qui sont assez cons pour penser différemment. Et pour prouver encore plus leur très grand humanisme, ils sont prêts à expédier à la soupe populaire tous les éleveurs bovins, de chair ou de lait. Comme tous les pêcheurs, les producteurs d'oeufs, tous les éleveurs de poules ou de pangolins, pourquoi pas ! On est déjà farcis des politiques, des grandes surfaces, des fabricants de fanfreluches ou de bagnoles qui nous envahissent 24h/24. A quand des chaînes spécialisées carottes-pommes-de-terre ?
Le retour des boutiques Chinois ?
Un projet de loi en préparation ne peut que réjouir tout être sensé : fin des grandes surfaces à visage inhumain qui bouffent toute la nature. Ici, à La Réunion, nous en avons déjà pléthore ; ça suffit. Est-ce pour autant que cela signifie le retour des boutiques Chinois ? On le souhaiterait mille et mille fois : des commerces conviviaux où l'on trouve de tout, tout, tout et minm sat' ou la pas besoin néna ! Ceux qui ont, comme moi, dépassé un certain âge, se souviennent que dans ces antres du plaisir gourmand, on trouvait même des légumes du coin, fournis par de petits maraîchers bio qui trouvaient là le moyen ingénieux de régler leur carnet mensuel. Tomates, salades, carottes, ti pois ronds, lon-ion/ l'ail, piment sinon sa tomates arbiss n'y coûtaient pas plus cher qu'au marché couvert de la ville. Mais faut pas rêver : l'Histoire ne repasse jamais les plats et les hyper-surfaces ont de la ressource à revendre, c'est le cas de le dire.
J.B.


